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Pentacle
Celle là?
http://www.flickr.com/photos/mfauveau/3323701148/
Elle est classe, hein?
Sugarbread
Ah non c'est vrai qu'elle est belle mais j'ai celle ci, l'edition pocket quoi c'est une amie qui me l'a offerte à Noël ! Un bon gros pavé de 1500 pages :-).

JeetoziX
Assatur
Bien vu !
103e
yoda_superstar


Essai assez court et facile à lire (une centaine de pages, présentation très aérée) qu'Onfray a écrit suite à deux voyages en Inde. Il y soulève trois conceptions (celles de Cosmos, Eros et Thanatos) en tirant des comparaisons entre la façon indienne et la façon occidentale de les aborder. Le livre dans son ensemble est quand même très orienté vulgarisation, avec très peu de références bibliographiques et une tendance à prendre des raccourcis ; cela rend la lecture agréable, mais je trouve que certaines représentations de la pensée indienne auraient mérité d'être relativisée, comme faire une distinction entre la pensée classique et élitiste (celle présentée dans l'ensemble de l'ouvrage) et la pensée actuelle et populaire, qui ne répondent pas aux mêmes caractéristiques. Dans son organisation, on a trois parties (une par concept) : celle sur le Cosmos sert de porte d'entrée et n'est pas d'un apport essentiel, surtout si on s'est déjà penché sur les philosophies/religions/écoles de pensées indiennes. La partie d'Eros qui représente le coeur du bouquin est la plus intéressante à mes yeux, où Onfray démonte trois mythes autour de l'Eros indien (le kâma sutra, les fresques érotiques de Khajurâho et la légende du Taj Mahal) de manière intelligente et claire, en tirant des parallèles intéressants avec l'Eros augustinien (i.e. européen/occidental/judéo-chrétien, pour faire vite). La troisième et dernière partie se concentre sur le Thanatos en utilisant le même principe de comparaison que lors du chapitre précédent, mais part ensuite dans des considérations d'ordre personnel vis-à-vis du séjour de l'auteur à Bénarès. Dans cette conclusion où Onfray joue au reporter-poète, il ne nous apprend pas grand chose et nous confirme qu'il est très fort pour nous expliquer des concepts obscurs, mais beaucoup moins pour nous faire rêver. Reste qu'il s'agit d'un livre qui vaut vraiment le coup d'être lu, ne serait-ce que pour la partie centrale (qui est aussi la plus étoffée) et pour les pistes de lectures qu'il offre.
yoda_superstar
CITATION(yoda_superstar @ 03.01.2012 - 21:33) *


Quasiment terminé, je vais donc en toucher deux mots. Comme on peut s'en douter il s'agit d'un ouvrage exigeant, présenté par un nom qui revient souvent dans les publications qui concernent l'histoire/la littérature du Japon ou les sujets proches. C'est surtout la seconde partie qu'il faut retenir du titre, dans la mesure où l'histoire du fameux "vieil homme qui vendait du thé" est un prétexte à aborder les questions de l'excentricité et de l'isolement volontaire, même si ce prétexte est finalement très intéressant en lui-même. Après un avant-propos qui rappelle la fascination que peut exercer l'érémitisme dans la société japonaise moderne ainsi que quelques pistes de lecture sur le sujet plus "proches de nous" (occidentales, avec notamment Nerval et Champfleury), le premier chapitre nous plonge dans l'ère d'Edo (le Japon de 1600 à 1867), rappelant l'importance du contexte historique et soulignant la grande influence de la culture chinoise à cette époque, références littéraires et religio-historiques à l'appui. Le deuxième chapitre se concentre sur la multitude d'ouvrages japonais (et sino-japonais) qui se sont intéréssé aux excentriques et autres ermites/fous/marginaux, ouvrages qui fleurissaient au XVIIIème siècle. L'auteur a rassemblé un corpus assez étonnant de par sa taille et sa variété, le lecteur croule sous les références bibliographiques (qui sont pour la plupart en japonais et pas réellement consultable de toute façon). La troisième et dernière partie s'intéresse de près à Baisaô, l'homme qui nous intéresse depuis la lecture du titre, ancien religieux zen qui a abandonné son habit de moine pour poursuivre son idéal spirituel en vendant du thé. On a affaire là à un témoignage (à travers les descriptions biographiques rassemblée dans les ouvrages cités plus hauts) rappelant tour à tour la pensée zen, les philosophes taoïstes (qui ont de toute manière énormément influencé le bouddhisme chan/zen), ainsi que les haijin voyageurs de la trempe de Matsuo Bashô (pour prendre le plus connu -il faut absolument lire La Sente Etroite du Bout du Monde !!). Un ouvrage qui se lit lentement, de par sa présentation universitaire avec ses pages parfois plus chargées de notes de bas de page que de texte, mais qui dès la première lecture permet une vision assez claire et globale de la question, avec des cartons entiers de lectures annexes potentielles.
Assatur
Pour revenir brièvement sur le cas Hessel, un article tout frais :

QUOTE
Stéphane Hessel a débattu avec François Hollande dans le cadre des «Journées de Nantes», organisées par le Nouvel Observateur. Il a ouvertement apporté son soutien au candidat, qu’il n’a pas hésité à comparer à Charles de Gaulle et Pierre Mendès-France, et qu’il a invité à être «radical dans les propositions» tout en plaidant pour une reparlementarisation de la République française.

Pour François Hollande, son «adversaire, c’est la finance, le pouvoir de l’argent qui s’est installé».


http://tempsreel.nouvelobs.com/election-pr...des-france.html

Rappel des faits opportun :

http://www.jolimai.org/?p=193&fb_ref=A...profile_oneline
Kilmü
Auriez vous un bon bouquin sur l'histoire de l'art à me conseiller ?
Au départ j'étais parti sur quelque chose de très général, comme le bouquin de Gombrich, qui a l'air d'être un classique.
Mais j'ai peur que ça ne soit qu'une intriduction qui balaie en vitesse tous les mouvements.

Des idées ?
Fragone
CITATION(Kilmü @ 24.01.2012 - 20:43) *
Auriez vous un bon bouquin sur l'histoire de l'art à me conseiller ?
Au départ j'étais parti sur quelque chose de très général, comme le bouquin de Gombrich, qui a l'air d'être un classique.
Mais j'ai peur que ça ne soit qu'une intriduction qui balaie en vitesse tous les mouvements.

Des idées ?


En même temps si tu veux un bouquin sur l'Histoire de l'Art sans préciser quelle période t'intéresse, c'est sûr que ça va balayer en vitesse. C'est un peu vaste comme demande.
Kilmü
CITATION(Fragone @ 24.01.2012 - 22:03) *
En même temps si tu veux un bouquin sur l'Histoire de l'Art sans préciser quelle période t'intéresse, c'est sûr que ça va balayer en vitesse. C'est un peu vaste comme demande.

Oui j'aurais du préciser. Mon message était intentionnellement très large.
Dans le genre, ça ne me dérangerait pas d'avoir un bouquin par "période". Donc si quelqu'un d'entre vous connait un ouvrage de référence dans telle ou telle période, je suis preneur.
Persona
trouvé récemment par hasard, en cherchant en vain le Laterna Magica de Ingmar Bergman


recueil de notes prises par Robert Bresson durant une bonne partie de sa carrière (des années 20/30 aux années 70 je suppose), sous formes d'aphorismes au style minimaliste, mystérieux et poétique, à l'image de ses films - et publié dans les années 70. Beaucoup de réflexions intéressantes sur le cinéma, une conception très personnelle qui évolue au fil des années et qui pourra aider les inconditionnels de Bresson pour mieux saisir ses films. je sais pas si y en a beaucoup ici (moi-même je suis pas plus fan que ça non plus) mais il n'empêche que pour qui s'intéresse au cinéma, ça ouvre beaucoup de pistes de réflexion même si aujourd'hui certaines peuvent paraître un peu désuettes puisque largement digérées par le cinéma en général.

pour ceux que ça dit plus ou moins quelque chose, c'est un réalisateur français relativement important, qui aura un certaine influence sur certaisn acteurs de la Nouvelle Vague, ou du "Nouvel Hollywood" (genre Scorses). enfin je ne fais que recracher rapidement des bribes d'Histoire du cinéma chopées à droit à gauche, mais en vrac, je recommande des films que j'ai vu de lui : Au hasard Balthasar, Un Condamné à Mort s'est Echappé, L'Argent (adaptation de Zola), La Passion de Jeanne D'Arc (remake du Dreyer), Journal d'un Curé de Campagne (que j'ai pas encore vu en entier mais osef), Pickpoket,..

http://youtu.be/lCm-8n8ym9I
Achille



Ca se lit très très bien. J'aime cet univers franchement pas très onirique mais profondément riche et humain.
Le découpage en points de vue interne est très appréciable: en gros, pour chaque chapitre, on s'attarde sur un personnage en particulier. Ce qui fait que le style, le vocabulaire, change sensiblement selon le protagoniste dont on suit le parcours. Tout cela rend la lecture haletante, dynamique, très cinématographique (comme disait Mich l'autre jour)

Bémol, j'aurais aimé m'imaginer les tronches des héros, mais comme j'ai vu la série avant, l'imagination en prend un coup.
goathead
Je trouve quand même que la série est assez fidèle aux détails du livre. Mais c'est vrai que c'est agréable à lire et que souvent on y reste un moment dessus avant de le lâcher
Sugarbread
Je viens de démarrer le deuxième bouquin (démarré j'ai lu la moitié en une fois quoi ... :/ ^^) du cycle du mal de Maxime Chattam à savoir In Tenebris ... Comme on le disait lorsque j'avais posté a propos de l'ame du mal ... le taf effectué sur les serial killers est titanesque !
Un conseil le cycle peut être lu dans n'importe quel ordre car Chattam l'a habilement écrit mais le lire dans l'ordre est plus sympa quand même.
Persona
dans l'idée de m'y attaquer d'ici un temps indéterminé, sans avoir fait beaucoup de recherches préalables sur la question, qu'est-ce qu'il "faut" lire de chez l'ami Donatien Alphonse François de Sade ?


j'ai déjà les 120 journées de Sodom en tête, ayant déjà vu le film d'à peu près le même nom, mais sinon ?


(me répondez pas "tout", j'ai un porte-monnaie relativement limité)
Assatur
Pour aller à l'essentiel : La philosophie sur le boudoir, bonne synthèse de l'imaginaire sadien, avec mise en scène érotique de ses principes entre deux digressions politiques.
Pour un roman "gazé" (soft) avec des récits utopiques et des digressions philsophiques très XVIIIème sur fond d'inceste, dans un vaste roman épistolaire : Aline & Valcour, trop méconnu à mon avis.

Cela dit, des contes jusqu'aux fabliaux, en passant par les romans, pas grand-chose à jeter dans l'oeuvre de Donation Alphonse François.

Via amazon ou les bouquinistes tu peux en avoir pour vraiment pas cher (surtout les éditions 10/18)
Gaou-Guinou
CITATION(Achille @ 12.02.2012 - 16:53) *

Ca se lit très très bien. J'aime cet univers franchement pas très onirique mais profondément riche et humain.
Le découpage en points de vue interne est très appréciable: en gros, pour chaque chapitre, on s'attarde sur un personnage en particulier. Ce qui fait que le style, le vocabulaire, change sensiblement selon le protagoniste dont on suit le parcours. Tout cela rend la lecture haletante, dynamique, très cinématographique (comme disait Mich l'autre jour)

Bémol, j'aurais aimé m'imaginer les tronches des héros, mais comme j'ai vu la série avant, l'imagination en prend un coup.




Perso j'en suis au troisieme livre de la version anglaisse donc A Storm Of Swords, ca commence à un peu se tasser.
Le premier bouquin est juste fou du début à la fin, carré, concis, riche, excitant, complet...rien à redire
Le second livre élargie pas mal les points de vue, enrichi la galerie de personnages/point de vue/chapitres et donne un aspect plus "global" à la saga...sur le troisieme ca se tasse en effet un peu, peut-etre un peu trop de personnages, sans vouloir spoiler je capte vraiment pas les chapitres de Bran (outre les HODOR)...j'ai un peu l'impression qu'à force d'elargir le panel de point de vue l'auteur a un poil perdu le fil ou le lecteur dans la progression de l'histoire
Assatur
Est-ce qu'il y aurait ici à tout hasard un connaisseur de l'oeuvre de Georges Steiner à même d'en parler ?
Persona
non, désolé mais au passage je te remercie pour tes conseils sur Sade



récemment j'ai finit :


ouvrage très intéressant qui tente d'expliquer au moyen de la phénomnologie existentielle (que j'aurais un peu de mal à expliquer, j'avoue) le long cheminement de la psychose, en particulier la schizophrénie. De la dissociation fondamentale entre le moi du sujet et son corps qui constitue la base de l'état schizoïde, jusqu'au déclenchement et à l'aboutissement de la schizophrénie, Ronald Laing cherche à démêler les complexes noeuds de la maladie et parvient, si je puis dire, à retrouver l'être humain "normal" qui s'y trouve perdu. Il en ressort une théorie que j'aurais un peu de mal à résumer ici, mais aussi une poignet de concepts permettant de mieux cerner les rapprots ambiguës entre le moi, qu'il soit sain ou pas, avec son environnement, son corps, la mère,...

L'auteur va puiser aussi bien dans des ouvrages de psychiatrie, de philosophie ou même de littérature (tel que Kafka, Blake, Shakespear, ce qui est pas forcément très courant pour ce genre de domaine) et bien sûr dans sa propre expérience, pour clarifier et enrichir sa pensée tout en s'appliquant à la traduire dans le langage le plus simple possible, rendant ainsi la compréhension remarquablement accessible au néophyte. En ressort une oeuvre profonde, simple, parfois poétique et également très humaine, probablement le meilleur livre que j'ai pu livre sur la question même s'il n'offre pas non plus un regard très complet de la maladie, mettant volontairement de côté les autres facteurs pouvant précipiter certains évènements (anomalies neurologiques, drogues, etc.)



et également,


Plus précisément, un recueil de nombreux petits essais de Huxley, s'ouvrant sur ce fameux texte qui donne son nom au bouquin. A partir d'un trip à la mescaline qu'il relate avec finesse et un certain humour, l'auteur nous livre une réflexion pertinente sur la perception (forcément), l'art, la religion, le rapport à la réalité, les drogues, la société, toutes ces choses-là mêlées en quelques pages qui donnent une sérieuse impression d'avoir fait un pas mental en avant. D'autant plus intéressant que c'est très facile à lire.

J'ai particulièrement aimé le passage sur les draperies, qui n'arrête pas de me travailler depuis... Au passage, il semble que j'ai eu une bonne intuition car il donne également une description très juste et pour le coup vraiment poétique de la schizophrénie, "ce fléau bien caractéristique du 20eme siècle". Quant aux autres essais je les laisse un peu de côté, peut-être que je piocherais de temps en temps car ils sont courts, intéressants, mais ne m'intéressent pas forcément autant que le principal.

Là j'ai le Moi-Peau de Didier Anzieux que j'aimerais bien attaquer, mais ça a l'air assez hardcore...
yoda_superstar
Les nouvelles de ce recueil d'Huxley sont, j'ai trouvé aussi, d'un intérêt inégal. J'ai bien aimé les théories de Sheldon sur les tempéraments, les anecdotes sur les taoïstes (ou les bouddhistes zen, je les confonds souvent) sont pas mal aussi. Après il y a les essais de préchi-précha ou qui affirment trop vivement à mon goût (ou de manière trop définitive plutôt) l'orientation religieuse d'Huxley ; cependant, il y a quelques bonnes choses à piocher dedans (je pense au(x) paragraphe(s) qui concernent la prière et son rôle vis-à-vis de Dieu).

Et il y a évidemment les Portes en elles-mêmes (ce qui me fait penser que je n'ai toujours pas lu de William Blake, entre Huxley et Current 93, ça fait pas mal de mes références qui s'en réclament), expérience des plus intéressantes, que j'ai pensé à faire moi-même et au regard de mes expériences similaires passées. Seulement, les conditions qui doivent être rassemblées (pour le faire correctement en tout cas) rendent le projet difficile.
Persona
ha, ben si jamais t'as l'occasion de pouvoir essayer fais-moi signe, ça m'intéresse aussi beaucoup. Principalement pour les effets décrits comme communs à la schizophrénie, mais que.


la même pour Blake d'ailleurs, j'ai pas arrêté de lire son nom ces derniers jours, ses "Ecrits Prophétiques" ont l'air très intéressant (mais foutrement denses), je pense m'y attaquer un de ces quatre.
Radioshack
J'ai fini la trilogie des Fourmis de Bernard Werber, je vais attaquer l'Arbre des Possibles, mais comme ma copine l'a dévoré et que je sens qu'il va me plair autant à elle qu'à moi, je pense que je vais le finir en pas longtemps (en plus qu'il n'est pas bieh gros). j'aimerai donc connaître vos coups de coeur Werber, ceux qui vous ont le plus marqué, et que vous pouvez peut-être me conseiller !
yoda_superstar
J'aimais beaucoup Werber quand j'étais au collège/lycée et à l'époque la dilogie Le Père de Nos Pères / L'Ultime Secret m'avait bien plu, les deux bouquins prenant des allures de polar un peu scientifique avec des méthodes de résolution d'énigme et une construction de l'intrigue plutôt originales. Et j'ai lu plusieurs fois (mais ça s'y prête) Le Livre du Voyage, genre de parcours initiatique personnel (pas de l'auteur, mais du lecteur pour le coup) qui m'avait fait son petit effet ; après ça se lit rapidement dans tous les cas donc pourquoi pas, mais je ne suis pas sûr qu'il soit d'un intérêt grandiose une fois passée l'adolescence. Les Thanatonautes est vraiment bien aussi, mais la suite de la série se gâte un peu : c'est encore bien avec L'Empire des Anges, mais ça bascule dans le n'importe quoi insupportable avec la trilogie des dieux (que je n'ai même pas terminée du coup). L'Arbre des Possibles est bien dans la forme mais très inégal dans le fond, ça se lit bien tout de même. Le Papillon des Etoiles (le dernier que j'ai lu de Werber) est une véritable daube.
Radioshack
j'ai pris un train de retard avec la littérature, j'm'y lance vraiment que depuis maintenant, enfin l'an dernier (merci les Fourmis) mais bon, j'assume sa littérature pour un public d'ado essentiellement. J'ai eu le même ressenti que toi pour la trilogie des Fourmis, le 3ème opus (La Révolution des Fourmis) est jste du n'importe quoi du début à la fin, mais comme on est absorbé par l'intrigue depuis le début j'l'ai lu assez vite et eu le temps de l'apprécier quand même. Mais c'est pas le bouqin que je recommande vivement.
Le Papillon des étoiles a l'air pas mal pourtant, il me tente bien mais j'ai pas spécialement envie d'être déçus.
Achille
De Werber j'ai lu la trilogie des Fourmis (y compris L'encyclopédie du savoir relatif et absolu) et les Thanathonautes

Pour les Fourmis, je dirais que ça va decrescendo. Le premier m'a fasciné, le deuxième m'a plu mais m'a par moments agacé, et le dernier est une grosse daube.
Pourquoi? parce que dès que Werber quitte un peu son credo scientifique/enquête et essaye de donner un peu de réalisme dans ses personnages, c'est juste pas crédible, en particulier cette bande d'ados hippies de la révolution des fourmis. Ca sonne complètement faux, j'ai pas le livre sous les yeux, mais nombre de formulations, de dialogues, ont quelque chose de forcé. Un délire hippie écoeurant qui vient pourrir l'intrigue coté fourmis qui est de A à Z, dans cette trilogie, addictive et originale.

Les Thanathonautes, j'ai beaucoup aimé, malgré là aussi quelques agacements à cause du style de l'auteur, toutefois du peu que j'ai lu de lui c'est ce que j'ai préféré.
Sugarbread


Je vais commencer celui ci. Pour ceux qui ont lu la trilogie du mal et pas celui ci, et bien qu'il ne fasse pas partie de la trilogie (bah oui sinon ca serait une quadrilogie ^^) il raconte l'histoire de la disparition de Brady le mari d' Annabel personnage principal des deux derniers tome de la trilogie du mal.
yoda_superstar


Notes de Chevet de Sei Shônagon

Sei Shônagon était une dame de la cour dans le Japon du XIème siècle qui a marqué -à l'instar de sa contemporaine Murasaki Shikibu, une autre femme, auteur du Dit du Genji- la littérature japonaise classique. Là où le Dit est un monogatari, un récit biographique s'étalant sur plusieurs années, les Notes de Chevet sont un ensemble de considérations sur lesquelles le temps n'a pas d'emprise, sinon à travers les différentes saisons de l'année et les fêtes qui les caractérisent. L'oeuvre se présente sous la forme d'une liste de listes entrecoupées d'anecdotes autobiographiques à la Cour Impériale. L'intérêt réside de fait essentiellement dans les listes qui s'échappent du simple récit anecdotique (dans tous les sens du terme), pour des sujets aussi variés que "choses qui font battre le coeur", "choses dégoûtantes" ou plus implement "ponts" ou "lacs", où l'auteur propose une sélection de ses préférences, non sans une pointe d'humour et de préciosité. Ce sont ainsi les choses éphémères et d'apparence futile qui sont célébrées, de la même manière que l'est la contemplation dans la tradition littéraire japonaise.




Opium pour Ovide de Yoko Tawada

Présentée comme inscrite dans la tradition des Notes de Chevet, cette oeuvre m'a fortement attirée, ainsi que par son titre plein de promesses. En fait de Notes, il n'en est rien, le récit étant plus biographique qu'auto- (récit à la troisième personne essentiellement, mais pas que certes), et la gravité de certains sujets est de mise, loin des réflexions naïves de Sei Shônagon. Opium pour Ovide est finalement une oeuvre fort complexe, à commencer par le contexte d'écriture vis-à-vis de l'auteur : Yoko Tawada est une Japonaise d'une cinquantaine d'années vivant à Hamburg depuis plusieurs décennies, le livre a donc été écrit en allemand, choses déjà peu commune. A cela s'ajoute la forme du récit découpé en 22 histoires courtes décrivant la vie de 22 femmes allemandes dont la jeunesse est déjà assez éloignée, femmes dont les noms renvoient à la mythologie gréco-romaine et notamment aux Métamorphoses. Les destins de ces femmes vont se croiser à mesure que l'on en découvre de nouvelles, le seul point commun étant l'oeil objectif de "je", la narratrice non-identifiée. Les vies décrites sont toutes sombres, complexes et complexées, parfois altérées par les neuroleptiques ou l'hystérie ; le style est du coup assez tordu, parfois difficile à suivre. Malgré tout certains passages ne manquent pas de faire rire, soit par leur absurdité ou par la réflexion inédite qu'ils apportent sur les langues étrangères, le bouddhisme ou le communisme.




Amuleto de Roberto Bolaño

Un des romans courts de Bolaño, plus long que ses nouvelles mais bien plus bref que les pavés que sont 2666 et Les Détectives Sauvages. Ici, le livre appelle a être lu d'une traite, afin de favoriser l'effet de spirale atemporelle qui le caractérise : en 1968, une jeune femme uruguayenne s'enferme dans les toilettes du quatrième étage de la faculté de lettres de Mexico afin d'échapper à une rafle des forces de l'ordre. Pendant les treize jours et nuits de sa captivité auto-infligée, Auxilio (c'est son nom) va se souvenir du passé mais aussi entrevoir le futur de ses années à Mexico, à moins que ce soit le futur qui dans son quotidien renvoie systématiquement à l'évènement traumatisant. Ainsi se mêlent passé, présent et avenir, rêve et réalité, offrant au passage des visions fugaces de la vie de Bolaño et plus génralement de la vie poétique et politique sud-américaine dans les années '70.




L'Homme du Bord Extérieur de Rodrigo Fresán

"À mon humble avis, Laurence d'Arabie est le paradigme de l'homme du bord extérieur. Le bord extérieur, c'est cet endroit imprécis où il n'y de place que pour un seul homme. Ce n'est pas un côté, ce n'est pas l'autre, ce n'est pas telle idéologie, ni telle autre. C'est tout simplement, le bord extérieur. Et choisir son bord extérieur, c'est choisir la plus euphorisante des solitudes. Tout à coup, tous les nœuds peuvent se défaire, et toutes les serrures cèdent sous la poussée irrésistible d'aventuriers solitaires brandissant leur propre drapeau. C'est mon grand-père Baptiste. C'est Corto Maltese. C'est moi, Lucas Chevieux, chef du commando Général Cabrera, à l'heure actuelle en train de remplir à Paris, France, la plus secrète des missions..." Recueil de nouvelles autour de "ces hommes" qui n'est en réalité pas tant un recueil qu'un roman à part entière scindé en une dizaine d'histoires, plus ou moins autobiographiques, plus ou mois fantaisistes, mais toujours avec un ton très familier sans pour autant être trop léger ou creux ; un peu la gouaille du bandit poète...
mich
Récentes acquisitions qui vont être vite avalées:

Jorge Luis Borges: Le livre des êtres imaginaires
Jorge Luis Borges: L'or des tigres(poèmes)






Allen Ginsberg: Howl
Allen Ginsberg: Kaddish
Les deux en bilingues






Le dictionnaire du Pire



yoda_superstar
J'avais lu cette édition de Kaddish qui contient (outre Kaddish à proprement parler, évidemment) des poèmes bien sympa dont j'ai oublié le titre. Quid de l'édition de Howl, il y a d'autres poèmes aussi?

Et le dictionnaire du pire c'est quoi?
mich
Oui cette édition de Howl contient d'autres poèmes, voici la liste:

- A supermarket in California
- Transcription of Organ Music
- Sunflower Sutra
- America
- In the Baggage Room at Greyhound
- Psalm III
- An Asphodel
- The Green Automobile
- Song
- Wild Orphan
- In Back of the Real

Et le dictionnaire du Pire tourne en dérision des termes, des expressions de notre vocabulaire pour tenter de donner une vision absurde de notre époque.
Persona
Récemment j'ai commencé à lire la Divine Comédie de Dante.


Je crois que je commence à saisir l'origine du mot "dantesque".j'en suis qu'aux premiers chants et les paysages traversés, aussi bien que les personnages invoqués sont assez impressionnants, ils m'ont même collé quelques impressions d'horreur à certains moment. La plume de Dante, en espérant que la traduction lui fasse honneur, est d'une richesse qui dépasse la simple maîtrise de la langue mais qui sent le vécu et la sensibilité, qui rend le récit encore plus fort. A vrai dire, je pensais pas pouvoir vibrer devant un poème médiéval ni devant une description des Enfers, mais là y a quelque chose de fort.

Ceci dit j'avoue que je lis très lentement, j'ai toujours eu du mal avec les écrits en vers même si une fois en jambe j'y trouve un certain plaisir ; et d'autre part, comme j'ai une culture médiocre en terme d'Histoire/mythologie Antique ou médiévale, je suis sans arrêt en train de switcher du texte aux très nombreuses notifications en fin de pavé ce qui rend la lecture assez difficile, donc quasiment impossible à saisir entre les lignes excepté lorsque les traducteurs eux-même en offre une pour un vers.

Et vu la taille du bouquin, ça me prendra T R E S longtemps. Mais j'aime.



Du coup, pour pas trop glander je donne quelques coups d'oeil à un autre bouquin qui m'a couté la peau des roustons mais que je n'ai pas pu me résigner à ne pas acheter tellement son immense bouille verdâtre me faisait bander. Et qui, accessoirement, est très intéressant pour qui aime Cronenberg ou voudrait se mettre lui-même au cinéma par des voix underground (c'est donc parfait pour moi).



retrospection et analyse intégrale - enfin de Stéréo à eXistenz, puisque le livre a été édité en 2000 - de la carrière de Cronenberg, avec l'intéresser lui-même. On discute un peu de sa vie, pas forcément des plus originales, de son épopée en tant que cinéaste underground sortie de l'Université et jeté aux ordures du porno par bon nombre de critiques et politiques jusqu'à sa consécration en tant que cinéaste majeur de son époque. On parle aussi du Canada, forcément, et l'on se rend compte que Cronenberg a une place d'autant plus importante qu'il a véritablement percé une brèche dans le cocon puritain et l'industrie très sévère - la censure étant par exemple une affaire d'Etat pouvant conduire en prison, ce qui peu paraître assez dingue. Et enfin, le plus important, on dissèque son Oeuvre à grand coup de références littéraires - Burroughs en première ligne - voire philosophiques, extirpant de leur traître épiderme horrifique ou sci-fi toute la portée sociale, politique, ou philosophique. Ca serait parfait si je me bougeait un peu le cul pour reprendre la lecture du Moi-Peau, mais je vais laisser le projet dans un état larvaire pendant encore un moment parce qu'intellectuellement je me sens pas d'attaque.

On est donc vraiment face au cinéaste "de la chair", voire "gore", qu'on a souvent décrit avec fascination, haine, enthousiasme, mais rarement indifférence, juste avant son virement plus récent vers un cinéma qu'on aurait trop vite-fait de qualifier de "plus mature" simplement parce que moins trash - car ça serait à mon sens odieusement méprisant pour des films comme le génial Videodrome, ou même Crash - avec le magnifique drame psychologique (psychiatrique ?) Spider dont on ne parle décidément que trop rarement, ou un séduisant film noir d'Eastern Promises dont au contraire le succès me paraît un peu poussé. Je me ferais une idée plus avancer de la chose, en revoyant ses oeuvres sur les mois qui viennent, que j'ai en fait bêtement avalé durant de longues soirées de no-life un pas très mature durant les années passées sans trop comprendre ce que je regardait. En tout cas pour le moment ce que j'ai lu et très croustillant et riche en enseignements.
Radioshack
Fall Of Efrafa m'a bien intrigué, j'vais me faire donc Les Garennes de Watership Down de Richard Adams



Cessant d'être les Jeannot de notre enfance et le gibier des Raboliot, voici que les lapins deviennent pour la première fois les héros d'une épopée. Ce récit a la simplicité des grands mythes. Comme eux, il est tissé de symboles : le sang versé, l'herbe rase et l'herbe haute. l'oiseau noir et l'oiseau blanc, le grand chien qui vous pourchasse et qui vous sauve sans le savoir, l'eau qui noie ou qui vous porte, la " grande eau " que les lapins n'ont jamais vue et dont ils rêvent, et enfin ces innombrables petites fleurs des champs, avec lesquelles ils entretiennent une amitié complice et gourmande, incarnations fugaces du temps qui passe et de la Mort, leur éternelle compagne. Fable ? Œuvre de moraliste ? Livre de sagesse ? Richard Adams a simplement raconté une histoire - mais en lui prêtant une telle fraîcheur, une telle poésie et tant de mystérieux échos que nous croyons reconnaître une odyssée venue du fond des siècles. A nous de l'interpréter à notre façon, ou mieux de la lire avec des yeux d'enfant.
Biographie de l'auteur



C'est pour distraire ses filles Julia et Rosamonde que Richard Adants commença à leur raconter ces aventures extraordinaires de lapins avant de se décider à les rédiger : Le succès de Watership Down fut prodigieux 70 semaines en tête de liste des best-sellers du Sunday Times, plus d'un million d'exemplaires en livre de poche.


ridu
En ce moment je lis L'homme qui voulait vivre sa vie de Douglas Kenedy après avoir dévoré Piège Nuptial. Complétement absorbant cet homme qui voulait vivre sa vie, complétement en phase avec mon état d'esprit et mon questionnement du moment. J'aime bien le style de Douglas, j'y vois certaines similarités avec Easton Ellis dans sa façon de décrire les gens, leur tenue vestimentaire.
VaZKeizH
CITATION(yoda_superstar @ 16.03.2012 - 19:45) *

J'ai cru que c'était un truc sur Radiohead au début haha.

CITATION(T3T5U0 @ 23.03.2012 - 20:03) *
Récemment j'ai commencé à lire la Divine Comédie de Dante.


Je crois que je commence à saisir l'origine du mot "dantesque".j'en suis qu'aux premiers chants et les paysages traversés, aussi bien que les personnages invoqués sont assez impressionnants, ils m'ont même collé quelques impressions d'horreur à certains moment. La plume de Dante, en espérant que la traduction lui fasse honneur, est d'une richesse qui dépasse la simple maîtrise de la langue mais qui sent le vécu et la sensibilité, qui rend le récit encore plus fort. A vrai dire, je pensais pas pouvoir vibrer devant un poème médiéval ni devant une description des Enfers, mais là y a quelque chose de fort.

Ceci dit j'avoue que je lis très lentement, j'ai toujours eu du mal avec les écrits en vers même si une fois en jambe j'y trouve un certain plaisir ; et d'autre part, comme j'ai une culture médiocre en terme d'Histoire/mythologie Antique ou médiévale, je suis sans arrêt en train de switcher du texte aux très nombreuses notifications en fin de pavé ce qui rend la lecture assez difficile, donc quasiment impossible à saisir entre les lignes excepté lorsque les traducteurs eux-même en offre une pour un vers.

Et vu la taille du bouquin, ça me prendra T R E S longtemps. Mais j'aime.

Marrant, je suis en train de le terminer ; je dois être arrivé au 5ème Ciel il me semble. Tu vas voir que le côté très descriptif des Enfers s'estompe petit à petit et que ça devient de plus en plus métaphysique lors de la montée du Purgatoire puis l'élévation vers Dieu. Au début j'ai dû un peu m'accrocher pour comprendre où il voulait vraiment en venir mais c'est vrai que les notes aident bien (j'ai la même édition que toi, si c'est bien celle dont tu as mis la couverture), et c'est hyper intéressant, outre la volonté de faire craindre l'Enfer et miroiter les Cieux, il y a un regard très critique sur les personnages historiques que croise Dante, à quelque endroit que ce soit. Et puis ouais, c'est dantesque dans l'écriture, il n'y a pas d'autre mot possible.

Essaie les Chants de Maldoror après si tu ne l'as déjà fait, le rapport n'est pas évident mais j'ai le sentiment que ça peut te plaire.
Persona
hehe, oui, l'ami Maldoror j'en suis à la moitié je crois. Je m'étais arrêté genre au quatrième chant, je crois que le dernier que j'avais lu c'était au sujet des lamentations d'un cheveux que Dieu avait abandonné dans un couvent-bordel après s'être tapé une prostituée ou une bonne sœur (ou les deux)... Effectivement c'est bien le genre de trucs que j'aime, où l'esprit se livre à un tel point d'incandescence que la rationalité des choses et la cohérence du monde en pâti - même si la réflexion qui en ressort, en l'occurrence sur la cruauté d'un homme qui finit par céder au désespoir en devenant le suppôt fanatique d'une noirceur vulgaire de ce monde qui le rend malade, au détriment de ce qui le rendait homme et bon (en gros), est très lucide. Par contre, la Divine Comédie, c'est plus chaud.

Dans le même genre, j'ai toujours pas terminé le Capitale de la Douleur de Paul Eluard, d'ailleurs... C'est mon gros problème : je lis assez lentement, j'ai du mal à me concentrer sur un seul bouquin et j'ai vite-fait de trouver un truc qui m'intéresse plus (ou dont je ressens davantage le besoin) et finis vite par perdre le fil de ce que je lisais. je pense que je vais ré-attaquer Isidore Ducasse, ça sera au moins ça de fait.

Du coup, merci pour la relance, je croule sous les tentatives inachevées de lecture et les récits vierges de mes yeux... et effectivement on a la même édition




sinon, puisque j'y suis, j'ai lu (d'une traite, pour une fois, parce qu'il est tout petit et simple à lire) l'autobiographie d'Isabelle Caro - principalement connue pour avoir posée devant l'objectif de Oliviero Toscani dans une campagne contre l'anorexie et à par la suite surtout fait parler d'elle pour ça.



Une approche intéressante de la maladie, car l'accent est mis sur le fait que l'anorexique n'est pas, comme on a vite-fait de le dire, une fashion victime intégriste de ce culte de la minceur dans lequel on baigne, mais une personne qui ne trouve par en elle la force de s'affirmer pour elle-même et trouve en le jeûne une manière de s'affirmer tout en disparaissant. C'est un paradoxe mortel proche de ce qu'on trouve dans l'étude psychanalytique des schizophrénies (je commence à connaître un peu), dû à une trop forte emprise de la mère sur l'enfant (et un trop grand attachement de celui-ci) qui en quelque sorte cherche à faire de l'enfant son oeuvre - pour reprendre au mot la mère de feu la jeune femme, au détriment de l'égo de son enfant. Une privation de libido qui condamne à une culpabilité profonde et pousse à l'autodestruction (ou pire). En l'occurrence, les relations difficiles - parce que justement aussi fusionnelles que secrètement hostiles - entre Isabelle et sa mère, dépressive, y est décrite de manière très intéressante, avec sincérité, lucidité et un certain soucis de l'objectivité.
yoda_superstar
Tetsuo > j'ai remarqué que tu lisais pas mal d'ouvrages traitant du mal-être, psychologique ou psychosomatique, notamment sur la schizophrénie, il y a une raison particulière à ça? je tiens pas à être indiscret ou quoi, si c'est pour des raisons personnelles, mais ça m'intrigue.


Bon qu'ai-je lu récemment :



Troisième Reich de Roberto Bolaño

Udo, un jeune allemand, part en congés en Espagne accompagné de sa copine sur les lieux de ses vacances d'enfance. Il fera là-bas la connaissance d'autres Allemands, ainsi que de personnages locaux assez mystérieux. Udo est aussi accessoirement le champion d'Allemagne d'un jeu de plateau basé sur la seconde guerre mondiale, jeu dont le spectre va peser de plus en plus au cours de son séjour. Troisième Reich est un des premiers écrits de Bolaño, en 1989, mais publié bien plus tard. On retrouve les sujets peu communs des autres écrits de l'auteur, surtout dans l'association des concepts. Le livre est d'une taille peu commune chez l'auteur, plus calibré roman que Amuleto ou Monsieur Pain, et bien plus court que ses deux pavés ; on peut imaginer qu'il s'agit d'un roman court un peu bavard, dans la mesure où la répétition des situations et des descriptions est de mise, ou alors d'un pavé manquant d'idée, atteignant tout juste les 400 pages. Dans les deux cas, et malgré les qualités du récit et de la narration, on sent une légère par rapport au reste de la bibliographie de Bolaño.




Enquêtes de Jorge Luis Borges

Longtemps que je n'avais pas lu du Borges, mais une chose est certaine, c'est que ça fait du bien et, une fois de plus, ouvre des horizons. Il s'agit ici d'un recueil de critiques et analyses de littératures très diverses (fiction, poésie, écrit religieux, philosophie), dans un style très détendu et clair, respirant la passion pour l'exercice littéraire. La beauté d'un tel ouvrage est la multitude de références qu'il évoque, et l'envie qu'il donne de lire un maximum des auteurs abordés. D'ailleurs la suite de mes lectures est dans ce sens.




The Innocence Of Father Brown de G.K. Chesterton

Borges présente Chesterton comme l'auteur qui a le premier et le mieux su faire cohabiter les deux types d'écrits d'Edgar Allan Poe -le roman policier et la nouvelle fantastique. Chacune des nouvelles part d'une longue description des évènements, les mystères (multiples) s'accumulant et laissant les interprétations aller dans les directions les plus mystiques. C'est paradoxalement Father Brown, un prêtre catholique marginal dans l'Angleterre anglicane du début du XXème siècle, qui fera systématiquement montre du plus de discernement cartésien et résoudra le problème, souvent dans les dernières lignes. Au-delà du style policier et du contexte historico-géographique qui peuvent rappeler A.C. Doyle, la prose de Chesterton est un régal, utilisant des tournures métaphoriques très créatives basées sur un vocabulaire riche (et obligeant parfois à mettre son nez dans un dico), et faisant également preuve de beaucoup d'humour, malgré le cadre assez sombre de certaines affaires.




Histoires Désobligeantes de Léon Bloy

Auteur dont le nom est connu évidemment, mais que je n'aurais jamais pensé à lire si je n'avais pas lu Borges (encore lui). Le lire après Chesterton n'est pas franchement incongru tant les points communs ressortent de la lecture consécutive des deux écrivains. Les Histoires Désobligeantes, en plus de présenter le même format de nouvelles (plus courtes que celles de Chesterton cela dit), l'action se situe environ à la même période, à ce tournant fin de siècle (/début du suivant, fatalement). Et c'est également dans l'écriture qu'on retrouve également des points communs, dans le goût partagé des histoires sombres -certaines de Léon Bloy le sont particulièrement- et dans le ton humoristique limite moqueur qui est donné à chaque fois. Le vocabulaire de Bloy est également très riche et prend des formes délicieuses et complexes mais pas prise de tête, si bien qu'on imagine très bien l'auteur se marrer en les écrivant (on se marre pas mal aussi). Le ton global qu'il en ressort est particulièrement cynique et fataliste, voire parfois élitiste. Et c'est malheureusement cette caractéristique, plus quelques allusions antisémites assez symptomatique de l'époque, qui ont valu à Léon Bloy d'être catalogué parmi les auteurs réactionnaires de droite. Quel dommage.
Persona
CITATION(yoda_superstar @ 14.04.2012 - 15:37) *
Tetsuo > j'ai remarqué que tu lisais pas mal d'ouvrages traitant du mal-être, psychologique ou psychosomatique, notamment sur la schizophrénie, il y a une raison particulière à ça? je tiens pas à être indiscret ou quoi, si c'est pour des raisons personnelles, mais ça m'intrigue.

oui, c'est parce que j'écris des scénarios de films que j'aimerais réaliser. Notamment, donc, sur la schizophrénie, l'anorexie/l'automutilation, le transgendérisme... C'est à la fois un travail de recherche, par soucis de fidélité par rapport au sujet parce qu'il me semble que quand on parle de ces sujets-là on touche à l'image des gens que ça concerne (y a qu'à voir comment les schizophrènes se plaignent de l'image de fou dangereux véhiculées par les médias, c'est limite aussi lourd que la maladie et les traitements médicamenteux) et à la fois un travail personnel qui me permet de comprendre beaucoup de choses concernant mon vécu (pour pas faire de mystère, depuis mes années lycée (encore toutes fraiches) je me suis beaucoup automutilé, j'ai beaucoup bu (par déprime), avec en sus qq tendances anorexiques et un gros penchant pour le travestissement et le sadomasochisme... voualàcédi). Par extension, ça m'ouvre énormément de pistes quant à la connaissance de l'être humain et m'a considérablement aidé à comprendre les gens, qui plus est à vivre avec eux (y compris ma propre famille). Comme disait Freud, si je me trompe pas, les malades mentaux ont à nous apprendre des choses dont on aurait jamais eu idée sans eux. Ceci dit j'ai toujours pas lu ni de Freud, ni de Jung, de Klein, Deleuze ou autre.. ça viendra.

D'ailleurs, la Divine Comédie, Maldoror et le bouquin dont je vais parler dans la foulée, c'est aussi pour m'aider à écrire un court-métrage que j'aimerais réaliser dans l'année qui vient. Comme je l'ai déjà dit je suis pas du tout lecteur, c'est presque uniquement pour mes projets de cinéma que je lis. En fait, entre les films que je vois et que je critique, ceux que j'écris et pour lesquels je me force à lire, je passe quasiment ma vie que dans le cinéma..


donc, là j'ai attaqué (pour m'aérer l'esprit, parce que Isidore Ducasse quand il s'y met il est dur à lire)


Intéressant petit ouvrage sur Jackson Pollock, étude parallèle et synthétique de sa vie et de son oeuvre. Pas forcément le plus exhaustif qui puisse être, mais ça me semble suffisant pour se faire une idée assez claire de l'artiste et de l'homme. En tout cas, c'est une bonne introduction. Faudra que je vois le film de Ed Harris sur sa vie, c'est vraiment un bonhomme intéressant ce JP, en fait je crois que c'est plus le personnage et les analyses de son travail que ses oeuvres elles-mêmes qui m'intéressent.
yoda_superstar
Ce que tu dis me fait penser à un truc : tu as vu le court-métrage d'animation Les Dents du Singe? C'est réalisé par René Laloux (le réalisateur de La Planète Sauvage et Gandahar, entre autres), sur un scénario écrit par les patients d'une clinique psychiatrique, en 1960. Ca pourrait t'intéresser si tu ne l'as pas déjà vu.
Assatur
QUOTE(yoda_superstar @ 14.04.2012 - 15:37) *
Histoires Désobligeantes de Léon Bloy

[...] Le ton global qu'il en ressort est particulièrement cynique et fataliste, voire parfois élitiste. Et c'est malheureusement cette caractéristique, plus quelques allusions antisémites assez symptomatique de l'époque, qui ont valu à Léon Bloy d'être catalogué parmi les auteurs réactionnaires de droite. Quel dommage.


Peut-être aussi parce qu'il était partisan de la théocratie "telle qu'elle est affirmée par la bulle Unam Sanctam de Boniface VIII."
Neocreed
Tetsuo, tu te travestis avec les habits de qui ? Ne penses-tu pas devenir un tueur en série ?
yoda_superstar
CITATION(Assatur @ 15.04.2012 - 14:56) *
Peut-être aussi parce qu'il était partisan de la théocratie "telle qu'elle est affirmée par la bulle Unam Sanctam de Boniface VIII."


Eh bien disons que même si son penchant religieux est quelque peu présent dans ces Histoires Désobligeantes, je ne vois pas grand chose dans son écriture qui permette de le cataloguer de la sorte. Et quand bien même, les allusions qu'il fait sont celles d'un croyant, pas de bord politique évident. Après l'homme pouvait bien penser ce qu'il voulait politiquement dans la sphère privée, rien ne transparaît dans ce que j'ai lu de lui (ce qui ne représente qu'une goutte dans l'océan de son oeuvre, certes).
Assatur
Loin de moi l'idée de ranger Léon Bloy sous un étendard particulier, ce serait faire injure à ses positionnements souvent complexes (et à sa profonde solitude dans la société littéraire du temps.) La lecture du Désespéré ou des articles du Pal montrent tout son intérêt pour la politique.

Ainsi ce passage : http://fr.wikisource.org/wiki/Page%3ABloy_...%C3%A9.djvu/217

Ou ici, un article du Pal, dont des aphorismes sont repris dans le roman : http://www.dailymotion.com/video/xncsga_bl...rom=embediframe.
Radioshack
CITATION(Radioshack @ 08.04.2012 - 00:44) *
Fall Of Efrafa m'a bien intrigué, j'vais me faire donc Les Garennes de Watership Down de Richard Adams



Cessant d'être les Jeannot de notre enfance et le gibier des Raboliot, voici que les lapins deviennent pour la première fois les héros d'une épopée. Ce récit a la simplicité des grands mythes. Comme eux, il est tissé de symboles : le sang versé, l'herbe rase et l'herbe haute. l'oiseau noir et l'oiseau blanc, le grand chien qui vous pourchasse et qui vous sauve sans le savoir, l'eau qui noie ou qui vous porte, la " grande eau " que les lapins n'ont jamais vue et dont ils rêvent, et enfin ces innombrables petites fleurs des champs, avec lesquelles ils entretiennent une amitié complice et gourmande, incarnations fugaces du temps qui passe et de la Mort, leur éternelle compagne. Fable ? Œuvre de moraliste ? Livre de sagesse ? Richard Adams a simplement raconté une histoire - mais en lui prêtant une telle fraîcheur, une telle poésie et tant de mystérieux échos que nous croyons reconnaître une odyssée venue du fond des siècles. A nous de l'interpréter à notre façon, ou mieux de la lire avec des yeux d'enfant.
Biographie de l'auteur



C'est pour distraire ses filles Julia et Rosamonde que Richard Adants commença à leur raconter ces aventures extraordinaires de lapins avant de se décider à les rédiger : Le succès de Watership Down fut prodigieux 70 semaines en tête de liste des best-sellers du Sunday Times, plus d'un million d'exemplaires en livre de poche.


Il est juste génial... merci FoE
Pouxoroxette
En ce moment je m'enchaine les Pratchet, je suis sur "trois sourcieres" qui est, comme tous les autres, bien sympa.
Euka
Pratchett, je trouve que le style s'essouffle assez rapidement sur le Disque Monde.
raikage
Les premiers sont bons et, si je ne m'abuse, les sourcières c'est un des premiers nan ?

Mais sinon, c'est vrai que le comique s'essoufle vite, même à l'intérieur des tomes eux mêmes.
mich
Ray Bradbury est mort, RIP.

Un évènement FB pour un grand bûcher de Fahrenheit 451?
Angel O
Je lis La Rivière Rouge Sang de Ann Rule qui relate les agissements de Gary Ridgway, le Green River Killer. Sa tentative de rendre justice aux prostituées assassinées (et souvent oubliées au profit de ce salaud) me touche beaucoup.
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