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Turtle

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22 Apr 2012
Ce topic se proposera de faire des rétrospectives sur des oeuvres complètes cinématographiques, afin d'avoir une vision d'ensemble du travail d'un réalisateur,
tant pour donner envie de voir la filmographie dans l'ordre et dans son intégralité, que pour la commenter en tant qu'élément structuré
et non Ă©parse.

En outre, ce topic posera aussi la question de la cohérence de cette dit-oeuvre et interrogera sur les thèmes, idées-forces, lubies
et autres récurrences des artistes. Car on ne comprend jamais aussi bien un homme qu'en saisissant ses obcessions.

Premier de la liste: François Truffaut.



Truffaut, en filmographie, c’est 22 œuvres et 4 cours métrages. C’est aussi et surtout un nom – un des plus grands ? – du cinéma français, au même titre que Godard, Bresson, Pialat, Rivette, Resnais et Renoir. Un homme qui symbolise la Nouvelle Vague et une époque où le cinéma français était copié et adulé. C’est l’Histoire d’un homme amoureux du cinéma, qui a d’abord écrit sur le sujet ("Les Cahiers du Cinéma"), rencontré les plus grands (assistant de Rosselini, les fameux entretiens avec Hitchcock) avant de le faire lui-même et de le rendre mythique. Petite revue de ses 26 legs.

Une visite, 1954
Premier balbutiement. Quelques minutes pour dire ce qu’il ne faut pas faire. Avant de fonder, il faut détruire. Iconoclaste.

Une Histoire d’eau, 1957 (cosigné avec J.L. Godard)
Court métrage de 12 minutes. Parfois qualifié de « n’importequoiïsme ». N’importe ? Tant mieux. Pendant les inondations de Paris, l’amour. Degas, Matisse, Aragon, Baudelaire aussi. Avec un matériel de documentaire, Truffaut/Godard réinventent le montage. Cette même année, un homme au pseudonyme de Serge Gainsbourg dépose à la SACEM une chanson : Le poinçonneur des lilas. La Modernité est née.

Les Mistons, 1957
23 minutes bucoliques. Filmé en décors réel. Et déjà une certaine liberté de narration et des mouvements de caméra qui vont fonder l’école de la Nouvelle Vague. Comme un vélo le long d’une route de campagne.

Les 400 coups, 1959
Le chef d’œuvre. Ce qui va d’emblée le consacrer au rang de Grand. L’histoire - autobiographique – de ce jeune adolescent, Antoine Doinel, plein de bons sentiments qui à force d’événements malheureux va se retrouver étiqueter et enfermer dans le rôle de « petit délinquant ». Bouleversant. La dernière scène appartient à l’Histoire de l’Art.

Tirez sur le pianiste, 1960
D’après le roman de Davis Goodis. Le jeune Aznavour campe un pianiste taciturne et retiré du monde, qu’un lourd secret rend quasi muet. On connaîtra plus tard son mystère, et les gangsters qui empêcheront sa complète rédemption. La relation Eros-Thanathos fondamentale dans l’œuvre de Truffaut apparaît ici pour la première fois.

Tir-au-flanc 62, 1961
Co-réalisé avec Claude de Givray. Dans les 400 coups, Truffaut évoquait sensiblement le Zéro de conduite de Jean Vigo. Ici, il rend hommage à un autre pionnier du cinéma hexagonal - Jean Renoir – mais de façon substantielle, puisqu’il signe un remake d’un de ces films de 1928. C’est un peu les "400 coups à l’armée". Par l’humour et l’absurde, il livre un virulent pamphlet contre le service militaire.

Antoine et Colette, (moyen métrage du Film collectif L’amour à 20 ans), 1962
2e apparition de Doinel dans l’œuvre de Truffaut. Ici, naît l’éveil. Et l’interférence entre la musique et le cinéma. Et le désir d’aimer. Et Marie-France Pisier, sublime à 17 ans, pour sa première apparition sur le grand écran.

Jules et Jim, 1962
Peut-on faire du cinéma après ça ? Jules et Jim enterre le passé du 7e art et préfigure son futur. Tout est là. La littérature s’incruste sur l’écran. Le rapport au réel se disloque. L’histoire joue avec l’Histoire. Les protagonistes sortent de la trame du Temps. La caméra invente un nouveau genre. Truffaut créé la voix off et dit « action » au XXe siècle. Imaginez Flaubert devenu réalisateur. Un classique. Un indémodable. Une claque qui laisse et laissera pour toujours sa marque écarlate sur mon front et mon âme.

La peau douce, 1954
Eros/Thanatos à nouveau. La littérature au milieu. Françoise Dorléac – la sœur de Catherine Deneuve – y tutoie la beauté éternelle. Elle mourra deux ans plus tard d’un tragique accident de voiture, à 25 ans. Avant ça, le cinéma pour ses derniers instants. L’adultère. Ses conséquences.

Farenheit 451, 1966
Le sujet du film est génial. Le message profond. L’autodafé comme règle sociale. La dystopie cauchemardesque comme paradigme. L’angoisse de l’avenir totalitaire devenue réelle. Adapté du roman de Bradbury. Avec Oskar Wermer, l’inoubliable Jules. A un peu (mal) vieilli au niveau esthétique, soyons honnête.

La mariée était en noir, 1968
Le film qui a inspiré Kill Bill à Tarantino. Jeanne Moreau dans le rôle de la veuve vengeresse annonce les films d’exploitation de la décennie 70’s à venir. Belle galerie d’acteurs. Une des films les plus sombres de Truffaut.

Baisers Volés, 1968
L’idée géniale ébauchée en 62 est entérinée. Truffaut va suivre l’évolution d’un même personnage à plusieurs étapes de sa vie. Ce personnage, c’est son double, Antoine Doinel. A travers lui, il nous fait vivre l’instabilité humaine, amoureuse et urbaine du Paris des années 60. Les grimaces, les mimiques et la diction de Jean Pierre Léaud n’ont pas d’égal. Et puis, le décapsuleur.

La sirène du Mississipi, 1969
« Même si tout ça doit finir mal, je suis enchanté de vous connaître madame ». Peut-être la plus belle histoire d’amour filmé par Truffaut. Belmondo, à contre-emploi, est sublime. Deneuve, tragique. Et l’œuvre réserve quelques unes des plus belles scènes captées par FT.

L’enfant sauvage, 1969
Derrière la reprise des mémoires du Docteur Itar et l’épisode de la découverte d’un jeune sauvage dans l’Aveyron à la fin du XVIIIe, Truffaut explore de nouveau la question de l’inadaptation sociale, de l’éducation et de la norme qu’il a tant travaillé à travers le cycle Doisnel. Toute une allégorie.

Domicile Conjugal, 1970
Antoine Doinel a épousé Christine Darbon. Mais Truffaut/Doinel est libertin. Peux-on aimer une personne tout en allant voir « ailleurs » ? Truffaut poursuit sa catharsis.

Les deux anglaises et le continent, 1971
Nouvelle adaptation d’un livre d’Henri-Pierre Roché et nouveau chef d’œuvre. Le rapport à trois encore, mais ici inversé - un homme, deux femmes -. Truffaut y maitrise ici son art visuel-littéraire au-delà de l’imaginable. La photographie est superbe, la voix off hypnotisante. Le film préféré de Truffaut himself.
Il y a quelque chose qui dépasse la prétention, c’est de réussir ce qu’on prétend.
Truffaut ne propose plus depuis ce film une certaine idée du cinéma, il impose une idée certaine du cinéma.

Une belle fille comme moi, 1972
Une des comédies les plus légères de FT. Très inégale au final. B. Laffont est crédible dans le rôle la femme-fatale écervelée. C.Drenner est une nouvelle fois excellent. Mais le tragi-comédie est un peu balbutiant.

La nuit américaine, 1973
Corneille dans l’Illusion comique avait établi le théatre dans le théatre. Truffaut reprend le concept et l’applique au 7e art. Le film dans le film. Le film filmé. La mise en abîme dans toute sa splendeur.
L’Homme avec un grand H d’un cinéaste à son histoire. Oscar du meilleur film étranger

L’Histoire d’Adèle H., 1975
La vie réelle de" l'autre" fille de Victor Hugo - les gens connaissant plus généralement Léopoldine, la noyée - avec une Adjani complètement habitée qui a dû se faire peur tellement elle s'est approchée réellement du gouffre de la folie. Saisissant.

L’argent de poche, 1976
Nouvelle variation sur le thème de l’enfance. Même observation fine de ces petits riens qui font des touts. De cet âge qui fait évoluer dans un autre monde. Même souci aussi de démontrer la frontière poreuse entre l’amusement et la délinquance, la petite bêtise et le larcin. Une ode tendre au droit d’être un "gamin".

L’Homme qui aimait les femmes, 1977
« Mais qu’est-ce qu’elles ont toutes ces femmes ? Qu’est-ce qu’elles ont de plus que toutes celles que je connais ? Et bien justement ce qu’elles ont de plus, c’est qu’elles sont des inconnues… ». Film - très probablement - autobiographique de Truffaut qui déclare ainsi sa flamme à la Femme dans toute sa généralité.

La chambre verte, 1978
Œuvre-testament de FT. Se sait-il déjà condamné à ce moment ? Le réalisateur erre entre les morts, leur rend hommage, prépare sa place au sein de ce panthéon personnel. Nathalie Bayle resplendit. Se souvenir, c’est maitenir en vie les morts.

L’Amour en fuite, 1979
Dernier volet de la série des Doinel. Et la séparation. Le retour sur les années passées. Les femmes qui ont compté. Truffaut se souvient, par des flash back. Les photos déchirées composent des puzzles. « Passent les jours et passent les semaines/ Ni temps passé /Ni les amours reviennent »

Le dernier métro, 1980
Le film a succès. Celui retenu par les almanachs. 10 César dont celui de Meilleur film et meilleur réalisateur. Pas mon préféré pourtant. Reste une multitude de thèmes traités avec panaches, intelligence et finesse. L’art, le spectacle, l’amour, le déclin, la résistance à l’oppression, le nazisme. Un grand film.

La femme d’à côté, 1981
Eros/Thanatos, dernier acte. Le tragique né du banal. Les réactions en chaîne. Le travail des Pârques. A l’époque, Depardieu était un acteur immense. Film essentiel des années 80.

Vivement dimanche, 1983
Parce qu’il aimait Fanny Ardant. Film de policier qui en est pas un. Avec Trintignant. Acteurs qui se moquent de l’intrigue. Fanny Ardant. Ici, c’est la femme qui mène l’enquête. Dernier film du réalisateur emporté un an plus tard d’une tumeur cérébrale. C’est en référence à ce film que Vincent Delerm chante « Elle ne dit plus vivement dimanche ». Noir et blanc. Rideau.
Fanny, ardent.

A suivre: Godard, Fellini, Clouzot, Tarkovski...
23 Nov 2010
Ok. Metalorgie est un forum de zikos burnés, et défend haut et fort la complexité musical,
à base de groupes indus-sludgy-post-bluesy-grass teinté de ska-screamé sans paroles et autres projets croustillants. C'est chanmé. Et on sait d'ailleurs que 90% de ce qu'on écoute ici n'est pas grand public. Soit.

Mais j'ai envie aussi d'un topic qui prend le contre pied de tout ça, d'un topic à l'inverse du "4.33" de John Cage.

Ici règnera la mélodie, le tube indubitable qui plait même à ta mère,
le truc qui te fait chialer instantanément ou qui t'oblige à te péter les adducteurs en tentant un grand écart américain,
du "Boys don't cry" des Cure, du "Girl just wanna have fun" de Cindy Loper, du "Tigersuit" de Raein, du "Linoleum" de NOFX.

De l'imparable, du fat, du mother fuckercore.
Ce topic a lui seul permettra de faire une playlist dans n'importe quelle soirée,
que ce soit dans les catacombes avec des satanistes ou aux 80 ans de mamie.

J'attends les suggestions, ainsi qu'un entretien soigné du dit-topic.
Et ca sera d'ailleurs l'occasion par le biais d'un titre-phare de découvrir des groupes, car lorsque tu dis "Tiens, je veux me mettre à Killing Joke ou Motörhead", et que tu vois les gueules des disco, tu cris "oh rage!oh désespoir".

J'inaugure avec la chanson pour les matinées. So shiny.
Radical Face - "Welcome Home, Son"
http://www.youtube.com/watch?v=P8a4iiOnzsc
20 Mar 2007
Suite Ă  quelques brives de discussion, j'ouvre ce topic pour les regrouper.

L'objectif est sans prétention, davantage orienté vers l'échange et le débat que vers une anthologie du rap (c'est comme si je devais faire un topic "punk rock".... impossible).

Le phénomène intéressant et qui justifie la présence de ce topic, c'est qu'on observe depuis quelques années une intrusion d'auditeurs rocks dans le monde du hip hop.

Dans les années 90 peu de groupes pouvaient se targuer de faire la liaison entre les deux "mondes". Il y a eu le duo Run DMC/Aerosmith, le projet HxC du rapeur Ice T qui s'appelait Body Count, ou encore le succès des Beastie Boys qui venant du milieu punk pouvait créer des ponts, mais c'était plutot rare et épisodique.

En marge, Cypress Hill et son leader B-Real sont parvenus à capter l'attention de tout un public de non rappeur, grâce à des instrus froides, basés sur des ambiances et un flow tout à fait typé, loin des clichés de la west coast habituel.

Cypress Hill avait un peu l'effet qu'à Dalek aujourd'hui, et parvenait à séduire une grosse audience de "métalleux".

Si je passe sur les impostures de duo comme Likin Park/Jay Z ou P Diddy/Johnny Page, il n'empêche que les années 2000 ont montré une nouvelle évolution avec une forme de magnétisme qu'a su opérer le hip hop sur le rock, et une volonté de plus en plus de groupes d'en adopter les codes.
Limp Biskit et Linkin Park offrent ainsi de saisissant modèles de mutations entre leurs premières efforts et les suivants,
courrant musical repris et accentué (carricaturé?) par la Team Nowhere (Enhancer and Co), qui s'habillait en mode hip hop et en utilisant le langage.

Très peu pris au sérieux, ces groupes ne devraient pas vivre longtemps,

à l'inverse, j'ai constaté, tout une évolution de la scène hip hop dite absract qui conduit par des têtes d'affiche comme The Streets,The Mitchell Brothes etc a débridé tout un tas de personnalités en France et qui au bout a donné lieu au "hip hop bourgeois" avec les très connus TTC, Le Klub des Losers,Klub des 7 (avec des membres d'un groupe enorme des années 90
ATK)

La question posée est alors double:
- s'agit il de hip hop? (je développerais dans mon prochain message pour pas faire trop long ici?)
- ceux qui Ă©coutent ces groupes peuvent ou voudront ils aller vers le hip hop plus "traditionnel" ?

Avant de poursuivre,
je laisse un peu la parole aux autres et me tient à disposition pour des réponses ou éclaircissements.

Par la suite, je vais essayer de parler du "golden age" du hip hop, avant son succès commerciale, qu'on situe à peu près entre 1992 et 1999,
notament de beaucoup de groupes français. (Ideal J, Lone, Minister Amer, Assassin, Les 7 corrumpus, La Cliqua, Lunatic, Mafia 13, Les Sages Poètes de la Rue, Arsenik,ATK, 2 Bal 2 Neg, Ménage à 3, La Mafia K1fry, Busta Flex, OSFA, Tandem etc etc )

Pour les amateurs de Dalëk, il faut se pencher sur toute la clique du label Definitive Jux (même si c'est souvent moins sombre), qui utlise enormement de samples, et empruntent à la funk, la soul, le jazz, l'electro ou l'indie rock. Pêle mêle ya des mecs comme :
- Aesop rock: http://profile.myspace.com/index.cfm?fusea...iendid=20737054
- El-P:
http://profile.myspace.com/index.cfm?fusea...iendid=18341496
- Mr Lif (que j'aime beaucoup)
http://profile.myspace.com/index.cfm?fusea...riendid=5857210

le plus connu (et on comprend pourquoi vu le talent) Ă©tant Cannibal Ox.
http://www.myspace.com/cannibalox

En France,
en expérimental, il faudrait mentionner Hocus Pocus couple d'un dj et d'un mc (20Syl), très axé jazzy. http://profile.myspace.com/index.cfm?fusea...iendid=60577509
MC Jean Gab1 qui avait osé, grâce à sa maturité sortir un album où il disait aimer Kiss, Edith Piaf et Joséphine Baker. Des titres comme "Donjon" ou "OSB" sont imparables, les lyrics, mélange d'argo et de gouaille parisienne un régal.
Dans le genre gouaille parisienne, il faut Ă©couer Solkak, avec un flow qui rappelera Ă  tous Leeroy du Saian Supa Crew.
http://profile.myspace.com/index.cfm?fusea...iendID=33489762

sinon dans le genre, du vrai son brute pour les truands donc moins expérimental mais plein de talent et donc intéressant, on a eu l'année dernière
Youssoupha qui mérite une attention particulière en vue de l'audace et de ses lyrics: http://profile.myspace.com/index.cfm?fusea...iendid=98735511
(le titre "Les apparences nous mentent" peut etre un bon apperçu)
Cette année MacTyer, de l'excellent groupe Tandem a tapé fort avec son album solo "le général". http://profile.myspace.com/index.cfm?fusea...endid=114745641

ou encore Kennedy ou Alpha 5.20 qui sont sont très très costauds mais déjà + "ghetto" donc succeptible de moins plaire aux venus du rock ou de l'abstract le trip étant plus racailleux,
et pourtant aie aie, c'est du lourd ! (that's hip hop !)
http://profile.myspace.com/index.cfm?fusea...endid=114151039
5 May 2006
Toujours dans un soucis de vous faire participer au mieux aux activités du site,
et parce qu'il nous ai offert un choix d'interview multiple,
je viens sonder vos envies!!! happy.gif

Le but est donc de savoir le groupe qui présentement vous intéresse le plus,
et dans un second temps de vous laisser l'opportunité de proposer des questions (riches et variées tongue.gif )au(x) groupe(s) choisi(s).

Une fois tout cela réuni,
je partirais au front, armé de nos questions collectives et reviendrait pour poster le compte rendu et les réponses de nos chers punkers!
En sachant que ces interviews doivent arriver très prochainement !!

C'est Ă  vous!!!
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