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22 Mar 2011
Biosphere - Substrata (1997)




1. "As the Sun Kissed the Horizon" – 1:47
2. "Poa Alpina" – 4:10
3. "Chukhung" – 7:34
4. "The Things I Tell You" – 6:28
5. "Times When I Know You'll Be Sad" – 3:44
6. "Hyperborea" – 5:45
7. "Kobresia" – 7:12
8. "Antennaria" – 5:05
9. "Uva-Ursi" – 3:00
10. "Sphere of No-Form" – 5:47
11. "Silene" – 7:54




Comme il serait facile chroniquer cet album en employant un lyrisme forcené ! Parce que le genre s’y prête, évidemment, dans sa manière d’évoquer lieux et paysages. Ce Substrata pourrait être la victime d’une logorrhée convenue, le genre de textes anonymes qu’on peut lire dans la description des albums estampillés Nature & Découvertes. Evitons cet écueil ! Ce disque, sachez-le, c’est le niveau supérieur, c’est le magnum opus de Biosphere ! Quand on connaît la discographie de l’intéressé, quand on a flirté avec Patashnik et qu’on a tutoyé les sommets avec Cirque – hé bien – on n’a plus qu’à courber l’échine et saluer l’artiste. Substrata, c’est de l’ambient sinusoïdal, le grand huit des émotions, un disque que se fait zénith et nadir, liminal à tout point de vue. Plus que la dépressurisation, on risque le choc thermique tant Jenssen souffle le chaud et le froid. Ses sons ronds et chauds t’installent dans une quiétude totale, genre sauna cosy avec l’ami Celsius limité à 90, si bien que l’on ne s’attend pas à subir la tempête à venir. Parce que ce qui est commode et remarquable avec ces scandinaves, c’est que leur musique te fait naturellement ressentir le climat qui est le leur. La sortie de Polar Sequences en 1995 témoigne à charge du penchant de Biosphere à se faire hivernal – pire ! – polaire. Biosphere vivant c’est Eno enterré depuis 20 ans sous le permafrost. Toutefois, ce disque est bien plus que le reflet de simples antagonismes. Ce n’est pas un voyage non plus, c’est une odyssée qui nous transporte ici, là-haut, là-bas. Stellaire, nocturne mais pas obscur et crépusculaire aux entournures, c’est une ode à la Norvège et à sa nature si particulière, démarche similaire à celle d’Ulver sur Kveldssanger, le romantisme folk en mois. Le rapport à la nature est une marque de fabrique chez Biosphere : c’est inhérent à chacune de ces sorties, façon Plastikman versus wild. Aquatique comme l’est Le Sens Positif d’Etant Donnés, aussi minimal que le Dodeka de son compatriote Nordheim, ce Substrata est une version bleu-gris du monochrome de Klein mais dont la richesse musicale est paradoxalement protéiforme.

Éminemment onirique, la fin en est d’autant plus violente que le rêve s’achève. Nos illusions s’évanouissent et l’on réalise alors que les centrales nucléaires ne sont pas des machines à nuages, tout en espérant que reviendront des siècles d’or, cent fois mille et mille aurores encore.
27 Feb 2011
Jackson C. Frank - Jackson C. Frank (1965)





1. "Blues Run The Game"
2. "Don't Look Back"
3. "Kimbie"
4. "Yellow Walls"
5. "Here Come the Blues"
6. "Milk and Honey"
7. "My Name Is Carnival"
8. "I Want To Be Alone"
9. "Just Like Anything"
10. "You Never Wanted Me"

Bonus tracks (Castle Music, 2001)
previously unreleased, recorded in 1975

11. "Marlene"
12. "Marcy's Song"
13. "The Visit"
14. "Prima Donna of Swans"
15. "Relations"





Ca fait 5 ans que j’écoute de la musique. Année après année je me suis forgé une culture musicale relativement modeste, mais, durant ce quinquennat musical, j’ai eu l’occasion d’écouter beaucoup de choses très différentes. J’aimais a m’afficher comme le type qui se passe des disques que personne ne connaissait : parfois extrêmes, parfois expérimentaux, souvent les deux. J’éprouvais un stupide plaisir à me penser au dessus des autres. Je ne partageais pas mes découvertes, de peur de voir mon piédestal se dérober sous mes pieds.
J’en ai eu des coups de cœur dont j’aurai pu parler, dont je savais qu’ils pourraient plaire à beaucoup, mais par égoïsme, je ne faisais pas l’effort.

Si je ne devais vous parler que d’un seul disque, ce serait celui-ci. Le paradoxe fait que je ne me souviens pas comment je l’ai découvert, sachez simplement qu’il a radicalement changé ma vision des choses. Il est de ces disques qu’on aimerait garder pour soi, être le seul homme au monde à le posséder, entièrement et complètement. Sincèrement, j’aimerai que ce disque soit le mien. Ca fait plusieurs années que j’hésite à vous en parler en détail, craignant de mal faire, de peur de ne pas retranscrire fidèlement mon estime pour ce disque. Mais mon devoir est de vous le faire connaître. Je voudrais que tout le monde écoute ce disque. Ceux, qui lui ont accordé une chance - Dieu les bénisse - n’y ont pas forcément vu du génie et je les comprends. Sorti en 1965, ce qui restera a tout jamais comme le seul album de Jackson C. Frank n’est pas vraiment en avance sur son temps. En effet les années soixante représentent la décennie par excellence ou la musique folk était a son apogée. De part et d’autre de l’Atlantique, que Frank venait de franchir, Leonard Cohen et Nick Drake allaient sortir leur « debut album », Simon & Garfunkel se faisaient connaître avec Sound of Silence tandis que Dylan était déjà un artiste internationalement reconnu depuis The Freewheelin' Bob Dylan. On ne se méprendrait pas forcément en disant que Jackson C Frank a fait un disque de genre puisqu’on peut statuer, avec une certaine objectivité, qu’il n’est une révolution en rien. De plus, les thèmes abordés sont classiques à la folk : amours perdues, solitude, alcool et désespoir. Toutefois, ce n’est assurément pas de l’opportunisme puisque Frank était de ces étoiles filantes, comme autant d’autres Curtis, Drake ou Smith, pour qui la musique était la seule bouée de sauvetage, celle qui les a maintenus hors de l’eau pendant un certain temps. C’est irrationnel mais je crois qu’on ne vit pas l’écoute de Closer ou de Pink Moon de la même manière que s’ils jouaient chaque année au Primavera. La fin tragique d’un artiste, qu’il soit musicien, peintre ou que sais-je donne un certain relief a son œuvre, qu’on le veuille ou non.

De fait, la vie de Jackson C Frank est une vraie tragédie. Dès sa prime jeunesse, il n’est pas épargné par les malheurs lorsqu’une chaudière explose et fait 15 morts parmi ses camarades de classe. Gravement brûlé, c’est durant sa convalescence qu’il apprendra à jouer de la guitare. C’est grâce aux indemnités obtenues des assurances qu’il a pu, à 21 ans, rejoindre l’Angleterre en pensant laisser derrière lui le mauvais sort. C’est là qu’il rencontre Paul Simon, celui qui produira cet éponyme. Jackson était si intimidé par la présence de spectateurs durant l’enregistrement qu’il demanda a ce qu’on place des écrans pour qu’on ne puisse le voir chanter. Rétrospectivement, cette période est la plus heureuse qu’il connaitra dans sa vie : son album reçoit un accueil plutôt positif et c’est lui qui poussera Sandy Denny, sa compagne d’alors, à s’investir dans la musique (avec succès car on la qualifiera plus tard comme "the pre-eminent British folk rock singer"). Toutefois ce bonheur est éphémère puisque peu de temps après, le sort s’arrache à nouveau. Séquelle de l’incendie qu’il a vécu quand il était enfant, sa maladie mentale progresse alors que simultanément, l’argent de l’assurance vient à manquer. Après un aller-retour furtif en Etats-Unis, il revient dans la Perfide Albion dépressif et son estime de soi est au plus bas. Les années 70 semblent se placer sous de meilleurs auspices. Il se marie et a 2 enfants mais son fils meurt de mucoviscidose et sa femme le quitte, ce qui le plonge a nouveau dans une profonde dépression, qui le mènera à se faire interner.
En 1984, il retourne à New-York, partant à la recherche de Paul Simon en espérant le trouver par miracle comme à Londres en 65, quête qui se révélera infructueuse. Il se retrouva dans la rue puis il erra d’institutions en institutions, où on lui diagnostiqua une schizophrénie. Il consomma de plus en plus de médicaments et tenta même de se suicider. Au début des années 90, alors qu’il était au plus mal, un étudiant, Jim Abbott le reconnut dans la rue et le prit sous son aile. Il n’était plus ce jeune homme mince que l’on voit sur la pochette, mais un quinquagénaire hirsute, en surpoids et presque infirme car ses jambes se sont atrophiées par la dureté de la vie dans la rue. Il avait pour seul bagage une vieille valise et une paire de lunettes cassée. Au mauvais endroit au mauvais moment, alors qu’il attendait sur un banc, il est atteint d’une balle en plein œil (qui ne lui sera jamais enlevée par manque d’argent), ce qui le laissera borgne. Malgré la bienveillance d’Abbott, il décéda le lendemain de son 56ieme anniversaire, le 3 mars 1999.

Les errances d’une vie, aussi longues et nombreuses soient-elles ne suffiraient pas à faire d’un piètre musicien un artiste de génie. Si l’on souvient encore aujourd’hui de Jackson C Frank, c’est que dès le premier titre, Blues Run The Game, on est submergé à la fois par sa voix douce et par cette guitare magnifique. Le disque dans son ensemble est tout en retenue, à tel point qu’on ne peut rester insensible au manque d’assurance qui transpire de ses chansons. Les mélodies de My Name Is Carnival ou de Just Like Anything, empreintes de mélancolie, confinent à la grâce, même si Jackson se fait parfois vindicatif (Don’t Look Back). Chacun se reconnaitra forcément dans You Never Wanted Me ou I Want To Be Alone, la chanson où la tristesse est la plus palpable. Les rééditions CDs récentes incluent de nouveaux titres enregistrés en 1975 qui sont véritablement les ballades les plus bouleversants. Le plus frappant quand on écoute ce disque c’est la sincérité qui s’en dégage, la musique l’a aidé à survivre : cet album c’est sa catharsis. Vous dire a quel point j’ai été touché par la sensibilité de ce disque c’est vous avouer que c’est le premier et le seul sur lequel j’ai pleuré.

Jackson C Frank n’a jamais touché les royalties de ce disque, ce qui explique en partie sa fin de vie misérable. C’est aussi pour cette raison que je tiens à faire découvrir son œuvre, parce qu’il est jamais trop tard pour bien faire. J’ai conscience que mon maigre apport n’est qu’une goutte d’eau dans l’océan, mais si je peux donner envie a quelqu’un d’acheter son album, j’aurai réussi mon pari.
9 Jul 2010
The Monks - Black Monk Time (1966)




trAck listing

"Monk Time" – 2:42
"Shut Up" – 3:11
"Boys Are Boys and Girls Are Choice" – 1:23
"Higgle-Dy-Piggle-Dy" – 2:28
"I Hate You" – 3:32
"Oh, How to Do Now" – 3:14
"Complication" – 2:21
"We Do Wie Du" – 2:09
"Drunken Maria" – 1:44
"Love Came Tumblin' Down" – 2:28
"Blast Off!" – 2:12
"That's My Girl" – 2:24




L’avènement des Beatles et leur déification immédiate a projeté beaucoup de groupes de rock dans le précipice, un aller simple aux oubliettes de la Musique. Dieu seul sait combien en ont réchappé et rares sont ceux dont on se souvient encore aujourd’hui. Redécouvrir des décennies plus tard l’œuvre de ces étoiles filantes musicales relève purement et simplement de la Chance. Le jour où j’ai découvert les Monks, j’ai su qu’elle avait frappé à ma porte. Tout ce qu’ils avaient laissé sur leur testament c’était un LP à la pochette noire, d’une sobriété repoussante, intitulé Black Monk Time et sorti en 1966. L’héritage parait bien maigre j’en conviens. Mais l’adage populaire dit bien que l’habit de fait pas le moine. Et c’est ce bon mot qui m’a mis le pied à l’étrier.

Tout d’abord, la carte de visite des Monks est accrocheuse. Soldats américains stationnés en Allemagne, ils sont loin du cliché que l’on se fait des musiciens de l’époque. Pas de flower power, pas cheveux longs et pas de pattes d’ef. C’est là une austérité de façade. En effet, les Monks sont un groupe précurseur dont le sens où ils ont été parmi les premiers à se mettre en scène, et ce bien avant les globes oculaires des Residents et les trisomiques de Devo. Tonsure et soutane typiquement monacaux, cordes non pas à la taille mais autour du cou en guise de cravate, les Moines poussent le délire à l’extrême et ce n’est plus des concerts mais de véritables représentations qu’ils offrent au public.

Cependant, il serait dommage, voire idiot, de réduire les Monks à ce simple aspect fantaisiste. Car ce Black Monk Time a tout d’un album majeur. Dans un genre qui ne brille pas forcément par sa diversité, les Monks ont réussi à produire un opus remarquable. Délivrant un rock garage qui se rapproche parfois de The Sonics, tant sur le fond, avec ces refrains très entrainants que l’on retient immédiatement, que sur la forme (chansons assez courtes, structures minimales), les Monks arrivent tout-de-même à imprimer leur empreinte personnelle. Ce qui fait la spécificité de ce disque c’est l’humour surréaliste que les Moines y ont parsemé, montrant, un gros penchant what the fuck-esque (« Monk Time »), que n’auraient pas renié les Butthole Surfers. Cet esprit volontairement décalé, d’obédience dadaïste, parfois grotesque, est omniprésent sur certaines titres, comme le très bon « Drunken Maria » avec son refrain mythique (Sleepin’ Maria don’t drink, drunken Maria don’t sleep). Le summum du n’importe quoi est atteint avec l’inénarrable « Cuckoo » où le type se plaint, en chantant, qu’on lui a volé son coucou et il cherche à savoir qui est le coupable (Someone took my cuckoo… I wanna know who who). Ce qui est frappant c’est que les Monks ne se contentent pas de faire sourire, leurs chansons ne sont pas qu’un prétexte à la drôlerie. Se basant sur des rythmiques très très accrocheuses, quasiment toutes les chansons sont tubesques, comme « Higgle-Dy-Piggle-Dy », « I Can’t Get Over You » ou « Complication ». Enfin, le dernier tour de force des Monks, c’est leur capacité à se diversifier, sachant également faire la part belle aux mélodies, comme en témoignent « Love Can Tame The Wild » et le très beau final « He Went Down To The Sea », où les parties vocales se font plus maitrisées, le coté halluciné et frénétique troqué pour un chant plus posé.


La Musique est bien cruelle avec ceux qui la font et il serait bien naïf de croire qu’il pourrait en être autrement. Les Monks n’ont sans doute pas eu la carrière qu’ils auraient méritée. Si la musique était une affaire de mérite, nous savons tous que nous n’en serions pas là aujourd’hui. The Fall a tenté en vain de sortir Les Moines de l’ombre, et même si de nos jours, des groupes à succès s’en réclament (The White Stripes), tout ça n’intéresse personne. Finalement, on revient au point de départ : tout a rapport avec la Chance. Malheureusement pour certains, la Chance a frappé a la porte du voisin.

11 Feb 2010
The Higher Intelligence Agency & Biosphere - Birmingham frequencies (enregistré en 1997, released en 2000)






7 titres - 48:22 min

1/Cannon Hill
2/Gas street basin
3/Narrowboat
4/The rotunda
5/Augusta road
6/Daddylonglegs
7/Midpoint





Ce qui est étonnant chez les artisans de la musique electronique -- et je brasse large de l'IDM, la techno jusqu'aux parrains bruitistes de la harsh noise-- c'est que la plupart du temps ils préferent travailler seuls qu'a plusieurs. Dans bien des cas, on leur donnerait raison. D'après ma maigre culture musicale, il apparait souvent que quand deux de ces types décident de faire un disque ensemble, le résultat n'est qu'une addition de forces, parfois réussie (Merbow et Alec Empire, Karkowski et Toeplitz, etc...), mais où la cohérence et la pertinence n'est pas toujours de mise. A contrario, cette présente collaboration (nous sommes en 1997) entre The Higher Intelligence Agency (aka Bobby Bird) et Biosphere (aka Geir Jenssen) tend plutôt vers un équilibre, équilibre où les forces se compensent plutot qu'elles s'annulent. De fait, HIA et Biosphere sont des cousins liés par des concours de circonstances et non par atavisme. Leur première rencontre remonte a 1994 quand les organisateurs du Tromso’s Polar Music Festival les ont incité a faire un concert ensemble. Ce déflorage s'était soldé par Polar Sequences (sorti en 1996), piece d'orfevrerie nord-ambient qui pechait seulement par l'omniprésence de Jenssen, au détriment de Bird. L'expérience a été néanmoins fructueuse et c'est pourquoi 3 années plus tard, les deux compères ont remis le couvert, HIA "invitant" cette fois Biosphere chez lui à Birmingham. The Higher Intelligence Agency, début des nineties, c'était principalement Colourform et Freefloater, deux albums d'electro ambient typiquement british (ça rappelle les Selected Ambient Works mais 7-8 trop tard), convenables mais convenus, que certains portèrent aux nues sous l'étandard "dub ambient".

Ce Birmingham Frequencies, c'est "a live audio collaboration" au sein-même du plus beau monument architectural de la ville, la Rotonde. D'emblée, dès Canon Hill (du nom d'un parc de B'gham), on sent que HIA va mener la danse même si en arriere-plan, l'activité de Biosphere se fait sentir, notamment grâce à l'ajout des field recordings réalisés la semaine précédente. En effet, chaque instant sonore a été enregistré a un endroit différent de la ville et a été par la suite "integré" a la prestation du duo. On est fin Septembre par un dimanche ensoleillé : on entend des bruits d'enfants, on entend la nature s'exprimer et cela forme un background sur lequel HIA developpe à l'envi ses rythmiques electroniques. Et le voyage continue, il fait nuit a présent. Nous nous sommes déplacés vers le centre de Birmingham, longeant les canaux (Gas Street Basin). Les successions de beat sont plus rapides, enveloppées par les longues nappes ambientes distillées au compte goutte par Biosphere. Puis, on en vient a monter à bord d'une péniche (Narrowboat), le voyage va maintenant se poursuivre au fil de l'eau. Tout naturellement, Jenssen se retrouve plus a son aise dans ce cadre naturel, et instaure une atmosphere tantot onirique tantot mélancolique, qui prete a rever et on se laisse aller, comme si l'on était le bateau et que nous flottions nous-même. The Rotunda, quatrième morceau, nous extirpe de cette reverie. On s'eleve, on monte. Prendre de la hauteur pour avoir une meilleure vue d'ensemble. Au somment de la Rotonde, on a une vue panoramique sur toute la city rien de nous échappe. Dans cette atmosphere presque jazzy, version ambient de Perdition City, la nuit se fait plus inquiétante. La encore HIA se fait plus discret, se contentant se soutenir le propos de Biosphere au moyen de quelques mouvements electroniques. Et l'aventure se poursuit de plus belle. Cette fois on s'excentre, on bat le pavé dans la banlieue pour mieux observer les lumieres de la ville (Augusta Road). Ici, HIA et Biosphere utilisent a nouveau les field recording, on a le sentiment d'errer, au gré du vent, au gré de la nuit qui se termine. Nos pas foulent l'herbe d'un terrain vague tandis que des vieilles barques s'éreintent les flancs sur le bord du quai : on s'éloigne de la ville, sans aucun doute. Au détour d'une ruelle, vide de tout homme, on aperçoit un moustique prisonnier d'une lanterne et qui, symbole de fatalité s'il en est, se brule les ailes en essayant de survivre. HIA paracheve le voyage par un titre d'electro dub de 11min. quasi hypnotique, où Biosphere le rejoint en toute fin pour temperé l'effet grisant de la descente. C'est la fin du périple.


Quiconque a tenté un jour de chroniquer un disque d'ambient vous dira que c'est une tâche ardue, tant il est question de perception et d'impressions, puisqu'il y a plus matière a penser que manières a décrire. Je me contenterai de conclure en disant qu'avec ce concert, HIA & Biosphere, de part leur talent incontestable, nous ont montré Birmingham sous un angle nouveau. Birmingham, siège de la révolution industrielle, se départit de son enveloppe charnelle de béton et d'acier. Exit les fumées noires des usines comme autant de particules souillant l'air pur. Exit l'aspect urbain, reste l'ame de la ville. Elle apparait ici lumineuse, chaleureuse et humaine, en un mot vivante. Parce que c'est la résultante de la symbiose de deux artistes fait pour travailler ensemble, chacun sublimant le travail de l'autre, cette collaboration exige qu'on s'y intéresse, nécéssite qu'on s'en impreigne et surtout mérite qu'on l'écoute.
16 Jan 2010
808 State - Newbuild (1988)



1."Sync/Swim" – 6:20
2."Flow Coma" – 6:01
3."Dr. Lowfruit [4 A.M. Mix]" – 7:36
4."Headhunters" – 5:02
5."Narcossa" – 5:17
6."E Talk" – 4:01
7."Compulsion" – 5:22





Au vu du talent indéniable de Booth et Brown, et sans avoir même besoin de se retourner sur leur discographie aussi réussie qu'immanquable, on pourrait penser qu'Autechre s'est créé tout seul. Qu'il s'est fabriqué son propre genre musical, son propre univers electronique et qu'il l'a façonné et developpé avec brio depuis pres de 20 ans maintenant. Mais comme disait Lucrèce, ex nihilo nihil. Rien ne vient de rien. Et malgré son statut à part dans le paysage electronique, Ae ne déroge pas à la regle. Car dans ce Newbuild, sorti en janvier 1988, on retrouve l'alpha et l'omega de ce que sera l'IDM (terme batard pour une musique qui ne l'est pas), qui émergera quelques années plus tard. A l'image de beaucoup d'albums fondateurs restés méconnus, le peu d'echo qu'a rencontré cet album de 808 State vient du fait qu'il est intrinsèquement hors contexte. Hors contexte dans le sens où la fin des années 80 en Angleterre, et à Manchester encore plus, se caractérise par le déferlement de la vague acid house et la popularité grandissante du phenomene rave. A l'époque, Autechre n'existait même pas, Booth et Brown s'échangeait des mixtapes dans les ruelles de Rochdale tandis qu'Aphex Twin se complaisait dans son délire post-natal d'Ambient House.

Or 808 State ne s'incrit pas dans ce cadre culturel et Newbuild s'illustre clairement. Le trio mancunien s'est efforcé de s'extirper de cette atmosphere acid --qu'on retrouve en filigrane sur Dr Lowfruit et le dernier titre Compulsion-- s'est transcendé pour aller vers un "ailleurs" qu'on appelle innovation. Souvent la plus grand difficulté reste d'innover tout en restant cohérent. Cependant ici 808 State évite cet écueil, la transition s'installe progressivement et l'on assite au fil de ces 40 minutes à une véritable métamorphose musicale. Flow Coma, qui n'aurait pas dépareillé sur le In Sides d'Orbital sorti pres d'une décennie plus tard, représente ce pont trans-genre, puisqu'il associe à des nappes house des succesions de beats imparables. Mais les véritables moments de bravoure de ce disque se sont Headhunters mais surtout Sync Swim, le premier titre, tube pré-idm à la rythmique completement hallucinée (pour l'époque) qui te fait sauter les neurones d'entrée de jeu, et qu'il serait aisé de recaser --selon les séquences-- tant dans l'Untilted que dans Chiastic Slide.

Au final, 808 State présente beaucoup de similitudes avec les groupes early-Warpiens et notamment LFO et son album Frequencies, autre père spirituel d'Autechre. Ce que partagent les deux groupes precedemment cités, c'est une volonté, aussi bien au niveau de la démarche que sur le plan strictement musical, de sublimer un contexte redondant et sur les cendres des codes qu'ils venaient de briser, récréer un nouveau son, une nouvelle identité. Malheureusement, comme c'est parfois le cas lorsque la première sortie d'un groupe ne rencontre pas le succès escompté, il devient difficile de ne pas tendre l'oreille aux sirenes hurlantes des majors. Après avoir signé chez ZTT Records, au cours des nineties, 808 State scellera son destin prometteur en se vautrerant petit à petit tantot dans de l'house sans saveur, tantot dans de l'electronica sans personnalité et surtout sans prise de risque, jusqu'au point de devenir completement useless de nos jours.

A une autre période et pour une autre musique, Eno disait du Velvet Underground : « Il n'y a peut être que 1000 personnes qui ont acheté le premier album du Velvet Underground, mais chacune d'entre elles a ensuite fondé un groupe. » Etant donné la quantité et surtout la très grande qualité des héritiers de ce Newbuild, 808 State est assurément un grand groupe. Evidemment, force est d'admettre que les eleves ont dépassé le maitre, et, loin de le décridibiliser, prouvent à quel point il a été précurseur.
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