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26 Mar 2013
Malgr√© une m√©fiance instinctive pour tout ce qui rel√®ve du collectif, je suis de plus en plus sensible au pouvoir d'√©vocation qu'ont certaines chansons de geste, ou tout simplement des hymnes nationaux ou r√©volutionnaires. Je crois que le ph√©nom√®ne a quelques adeptes vu la publicit√© impressionnante qu'implique le passage des chŇďurs de l'Arm√©e rouge √† Lyon (qui a la cote chez certains people), quand ce n'est pas une certaine tradition estudiantine qui se charge de la transmission. Bien s√Ľr, dans une soci√©t√© atomis√©e o√Ļ chacun transporte son patrimoine musical sur son iPhone, l'int√©r√™t propre d'un chant a quasiment disparu.

Ils t√©moignent d'une √©poque o√Ļ l'on chantait encore, comme le montre le d√©but du film de Ren√© Clair, Sous les toits de Paris : http://www.youtube.com/watch?v=zf4wUmBM6gk...player_embedded (l'attroupement a des "feuilles volantes" avec paroles et m√©lodie)

√Čpoque dont C√©line confie le souvenir √† Pierre Dumayet dans un entretien :

QUOTE
¬ę Et puis nous avions des chansons, chose assez curieuse. On peut dire que j'ai assist√© √† la fin des chansons. Au d√©but, avant la guerre, chaque fois qu'il entrait un arp√®te ou une midinette (comme elle s'appelait) au d√©but du passage, elle commen√ßait √† chanter. Et puis, apr√®s 14, on n'a plus chant√© dans le passage. C'est un signe des temps. C'est tout ce qu'on avait comme distraction, c'est la chanson des petits apprentis. Et puis des midinettes. Cette √©poque... ¬Ľ


Céline était d'ailleurs un grand admirateur de l'opéra-bouffe d'Offenbach.



Je n'ai aucune science suppl√©mentaire √† communiquer sur ce sujet, que je n'ai jamais approfondi. J'ai simplement remarqu√© le g√©nie intuitif qui permet √† des camps totalement diff√©rents de reprendre des m√©lodies pour glorifier une cause inverse. La profusion des versions de "Henry IV" est √©loquente : avant d'√™tre un hymne de la Restauration des versions r√©volutionnaires c√©l√©braient la pendaison des aristocrates et la gloire promise √† la f√©d√©ration. Il existe des chants de toute sorte : Ňďuvres populaires, cr√©ations de la cour, chansons de corps de garde...

Après, je ne vais pas défendre en esthète convaincu les qualités intrinsèques de ces chants, et je comprend qu'on s'en détourne pour leur aspect rude, simple, et daté. Je sais bien que les mélomanes du site connaissent d'autres trésors que des chants qui, dépouillé de l'aura qu'on veut bien leur trouver, se révèlent souvent nus.

Mais reprenons : une même chanson peut également résonner différemment selon un contexte. La Marseillaise est un bon exemple (et elle est connue de tous). Certains en réclament la réécriture parce qu'il semble impardonnable aujourd'hui de mentionner l'existence d'un "sang impur" (il ne faut vraiment avoir rien compris des paroles pour y voir de la xénophobie mais passons), oubliant tout ce que chant a pu avoir d'émancipateur ou de populacier. Les russes n'ont pas oublié pas la teneur populaire de ce chant, et c'est sans doute à ce titre que le passeur de Tarkovski l'entend au début du film.

La première fois que j'ai vibré en entendant la Marseillaise, c'est en regardant La grande illusion : http://www.youtube.com/watch?v=wVX3NXAAUrM

Contexte de la guerre 14-18 : Dans un camps de prisonniers allemand, les fran√ßais d√©confits sont r√©duits √† se travestir et √† faire le cabaret pour leurs vainqueurs, jusqu'√† ce que Jean Gabin annonce √† l'assembl√©e que Douaumont a √©t√© repris aux allemands. Le travesti arrache aussit√īt sa perruque, redevient un homme, et l'espoir revenu, entonnent avec ses compagnons la Marseillaise, de nouveau orgueilleux. L'effet est terrible et Jean Gabin finira logiquement au trou pour expier cet exc√®s d'enthousiasme.

Pour faire contre-poids, j'ajoute la fin des Sentiers de la gloire, avec la jeune allemande qui émeut les soldats français avec une chanson folklorique boche : http://www.youtube.com/watch?v=0jvmvJ0TkKo

Bien s√Ľr, aviser ces chants avec une curiosit√© d'"historien" en renforce l'int√©r√™t, c'est pour cela que j'ai illustr√© mon exemple sur des contextes diff√©rents.
Le charme désuet des vieux chansonniers, loin des préoccupations militaires ou politiques, me plait beaucoup également. Je les confonds volontiers dans mes play-list.

Quelques classiques, sans souci de cohérence :

http://www.youtube.com/watch?v=Cydzolb0eIs...feature=related (Katioucha)
http://www.youtube.com/watch?v=3o8zbKzo7V4 (The Red Army is the Strongest, tout est dans le titre)
http://www.youtube.com/watch?v=Q6dAV5kB9CY (La Carmagnole)
http://www.youtube.com/watch?v=CU84hLf7snw (La Ravachole, reprise de la précédente)
http://www.youtube.com/watch?v=At1-Zqrzrw4 (version du Henry IV à la fois révolutionnaire ET royaliste)
http://www.youtube.com/watch?v=4h7twPl78Do (chant vendéen royaliste)
http://www.youtube.com/watch?v=g7qx5oYdOEA (Demain à l'aube, un chant des chrétiens du Liban)
http://www.youtube.com/watch?v=bwZDyS8PD2A (Verdun, on ne passe pas !)
http://www.youtube.com/watch?v=VMgb_i6DRGU (La Blanche Hermine, pour les autonomistes bretons...)
http://www.youtube.com/watch?v=m19qF7caidI (Les deux gendarmes de Gustave Nadaud, datant du Second empire)

J'avoue mon inculture complète concernant les chants paillards, je ne dois pas fréquenter assez de faluchards !
4 Mar 2010


"Quand on est dans la merde jusqu'au cou, il ne reste plus qu'à chanter." Beckett


Informer c'est d√©j√† vendre un peu quoi qu'on en dise. A la prime citation d'un simple produit ou de son triste auteur ce sont des copies √©coul√©es, c'est la ran√ßon √† payer quand on vient nier une Ňďuvre. Ou plut√īt : quand on la remet l√† o√Ļ on la situe naturellement, dans l'horreur gaspill√©e, l'aveu d'impuissance du copiste qui vieillit en m√™me temps que son mim√©tisme, et s'√©loigne toujours plus de l'art...

Pelican, c'est une sale affaire dont il faut causer, parce qu'il ne se sent pas agoniser, il est d√©j√† tristement insensible, d√©solidaris√© de son influence tellement il a dans la gueule l'influence des autres... Son impuissance, c'est le mou remous de sa nouille qui ne bande plus qu'aux injections du talent des autres. Il pourrait √™tre poli, se branler dans son coin et distiller son extase na√Įve dans des petites gouttelettes st√©riles, dilapid√©es-l√† sur les steppes sableuses qu'il foule maladroitement. Il a la jouissance aride, ce qu'il enfante cr√®ve de chaud sit√īt exp√©di√© du r√©servoir qu'il a gros dans la gorge, le Pelican. Il a suc√© de son orifice horrible tant de mod√®les c√©lestes qu'il ne peut que freiner sous ses kilos en trop coupables, s'enfoncer dans les sables mouvants et s'y figer avant de dispara√ģtre. L'ennui c'est qu'il persiste et signe en 2009 son petit retour qui n'est m√™me pas un crash terrible dont le vacarme assourdissant g√™nerait ses d√©tracteurs, mais √† peine un ricochet de plus avant la noyade. Le regard terne de ses pochettes gris√Ętres ou abyssales a repris le carmin√© ardent des premiers jets fameux, ses vertes ann√©es rougeoyantes. Le graphiste a eu l'inspiration de laisser la flotte, qu'on n'oublie pas dans quel √©gout le p√©lican barbote indolemment. Qui viendra cartonner un si gauche canard ? Il ne m√©rite m√™me pas d'√™tre ha√Į, il faut s'en moquer et tirer la chasse, le laisser couler sous la bonde de l'ennui.

La signature sur Southern Lord et la participation du nouveau mécène Anderson au disque qui va le régaler de dollars n'est que de la publicité, certainement pas un régime. Le produit s'est lui-même vidé de toute substance, n'étant grossi que de matières superfétatoires, au point qu'il en est ringard avant même sa sortie matérielle, on connait déjà la chanson adipeuse. On n'est même pas surpris d'entendre des minauderies sur "Last Breath" (si seulement !) tant ce chant ridicule a honte de lui et de sa proximité avec ces harmonies mielleuses... La saveur suave ne décrasse pas la gorge saturée des débris des autres, elle les coule dans une nouvelle structure si indigente que Giacometti applaudirait le rachitisme de ce filtrat inutile. Pelican invente le poids-lourd allégé, le contenant qui ne demande qu'à exploser d'air comme un ballon ignoblement boursouflé. Le batteur ne fait même plus rire de sa nullité avérée, on le prendrait presque en pitié, qui peut en vouloir à ce pauvre diable de laisser filer entre ses baguettes des mélodies aussi périmées ? Il transpire l'honnêteté à l'insu de ses propres pauvres efforts rythmiques.

Pelican n'attend plus que l'aval du mus√©e Gr√©vin pour mettre un point d'orgue √† sa subtile harmonie du d√©senchantement. Il est d√©j√† sa propre caricature, statufi√© dans sa st√©rilit√© de mime pas dr√īle. Les disques passent comme le vent, ce n'est pas Pelican qui avance mais le temps qui le recale √† chaque nouveau disque merdique. Ce n'est plus Gr√©vin qu'il faut supplier pour qu'il nous range le Pelican loin de la voie publique, mais le mus√©e des horreurs...

Pelican, l'ex-dinosaure qui réfute l'ère glaciaire qui lui a balayé son avenir. L'occasion peut-être d'esquiver ce colosse encombrant pour revenir à ses deux premiers efforts, imprimés comme le passage énorme d'un mastodonte d'une ère géologique antédiluvienne. Le reste c'est de la ritournelle de plus en plus décatie, du papier de verre devenu paillettes, du tellurique qui veut décoller en sphères post-rock et s'effrite dans la stratosphère de l'ennui, une fine poudre dans les yeux et un gros caillou dans la chaussure, un pavé dans des flaques d'eau, de la daube préhistorique qui n'a gardé du caillou rugueux de ses origines qu'une surface plane et lisse, une pauvre substance caillée à tailler en cire dans les tympans déjà obstrués d'ordures fossilisées et qui s'érode avec elles jusqu'à devenir un nouveau style, la post-muzak minérale. Ce dont nous avons tous besoin maintenant, c'est de laisser la nature absorber cet étron, que ça fermente un peu, car aucune récolte ne pouvant être moins personnelle il faut laisser les autres recycler Pelican. Il faut que ça transite, que ça se digère. Ce qui en sortira héritera probablement d'une sale gueule, mais peut-être qu'elle fera rire. Ce texte ne demande pas mieux.
5 Aug 2008
Nouveau : la chronique avec de l'écume qui déborde de partout.




Pyramids, st/t.

Bon bah voil√† la nouvelle hype, tout droit sorti de l'√©curie Hydra Head. Vous savez, les ricains qui se veulent barbus comme des b√Ľcherons hardcore et repassent depuis 2 ans les m√™mes sucreries postdronishoegachiante. Les plus tantes des hippies, ras√©s de pr√®s, qui sont tout content de promouvoir les m√™mes niaiseries sous couvert d'une branchitude aussi aig√ľe qu'ambig√ľe, comme l'en t√©moigne l'√©trange assemblage de leur catalogue, entre le faux black emo de Xasthur et les derniers roucoulements sirupeux d'un Pelican en perte de vitesse. Alors pour cr√©er la nouvelle sensation, ils nous ont d√©got√©s la nouvelle manne du forumer : Pyramids. Alors de quoi √ßa nous parle cette affaire l√† ? Bof, prenons la shoegaze √©th√©r√©e (qui a dit √©cul√©e ?) de Jesu, la BAR insupportable d'un Xasthur, les m√©lodies mou du genou post-truc et les chants clairs d√©gueu' (qui √† parl√© d'Isis ?), mettons des samples pour le cot√© tortur√© (ahem) de la musique, et √ßa vous donne un truc plut√īt bien gaul√© sur papier dirait certains ; si si, je vous vois vous au fond, tr√©pignant, tout √©moustill√©, en syncopes, polka... Et puis √ßa brasse bien tout le magasin du label...

Mais c'est pas les nouveaux messies, h√©las ! Ils ont bien essay√©s. Le cocktail est audacieux, un peu trop, il me reste sur l'estomac, je pr√©sage l'affreuse migraine. Certains cause que My Bloody Valentine co√Įterait ici avec le schwartz talm√© ? Mais ! Foutaises ! Il n'y a rien de black metal dedans, la noirceur inv√©t√©r√© de ce genre ne se r√©sume pas √† quelques ersatz de borborygmes, pseudo-g√©missements moribond et d√©l√©t√®res, ce n'est pas quelques sons un peu d√©glingu√©s ou une boite √† rythme bloqu√© sur la vitesse maximale, ils s'y sont cru les Texans de Pyramids, mais ils ont tout faux. On esquisse quelques comparaisons avec le post-rock, la shoegaze, ces influences tellement d√©figur√©s aujourd'hui... Elles sont plut√īt pertinentes. Mais alors en mou, en b√Ętard, plus sali qu'autre choses par les ambitions malsaines du combo pour cr√©er la sensation. Finalement, malgr√© tout les essais, timides, de ce groupe, ils en ressortent parfaitement moul√©s au carcan Hydra Head... Mais le g√Ęchis fait plus mal qu'un 5ive un peu pataud aujourd'hui, lui aussi trop gentil, car il faut l'avouer, il y avait de l'id√©e. Mais on fait pas de la musique sur des id√©es, n'est ce pas ?

C'est que pour la crédibilité ils ont trimés, là c'est net, plus que sur leurs compos... Un deuxième CD vient combler le vide laissé par 31 (longues) minutes d'un album inintéressant en nous proposant des remix d'artistes plus intéressants. Un prétexte comme un autre pour afficher l'éclectisme de Pyramids. Stop ! N'en jetez plus ! Pourtant la parité est bien intrigante... Toby Driver (Kayo Dot), Ted Parsons (Swans / Godflesh), Colin Marston (Behold... The Arctopus), James Plotkin (Khanate / Khlyst), Loveliescrushing, Birchville Cat Motel, Vindsval de Blut Aus Nord... Ce dernier fournissant le remix le mieux loti de tous, car à des lieux de l'original. Il fait du Blut Aus Nord, et il a raison. Sinon, Jesu fait de la grosse merde, normal. Mais cela dit, ces deux groupes étaient tout trouvé : Pyramids ressemble à la sève lasse et infertile du second mêlé au pendant autiste du premier. Le reste des remix oscille entre le correct et le juste bon, autant dire que pour les invités de marque que ce disque rassemble ça reste très décevant.
Ah oui, et bien s√Ľr, l'artwork (joli tout de m√™me) est sign√© Aaron Turner, histoire de bien normaliser une bonne fois pour toute ce groupe... Qu'on l'oublie mieux... et vite... Non mais.
5 Aug 2008
Chronique sans prétentions, écrite mi-pour rigoler mi-pour tuer l'ennui. Si vous connaissez pas déjà ce groupe je vous recommande chaudement l'EP et cet album !



Suffocate for fuck Sake, Blazing fires and helicopters on the frontpage of the newspaper. There¬īs a war going on and I¬īm marching in heavy boots.


L√©g√®ret√©... L'oiseau d√©colle, grandes ailes d√©ploy√©s comme embrassant le firmament... Le z√©nith enflamme ses ailes, c√©leste, la buse est repartit, c'est une √©toile filante... La gr√Ęce m√™me, en √©ruption magmatique, tout l'or des volcans... Mais voil√† qu'il bat de l'aile ! Son ombre au sol devient mauvaise... Le souffle de la flamme, trop intense... C'est un rotor ! Un h√©licopt√®re. Et le feu, c'est vos maisons qui br√Ľle sous ses colis. Lourdeur.

Les suédois de Suffocate for fuck sake sont intraitables... Des cerbères, bras droit d'Hadès ! Au moins. Je l'ai guetté, ce feu des Enfers, le sournois qui embraserai tout dans le génie, une fusion chimique du feu avec le feu, un paroxysme sans précédents... Le Big Bang, quoi. Et bien je vous dis tout de go, on y est presque.

Les su√©dois de Suffocate for fuck sake font de mauvais ennemis, pas de confiance. √áa vous lorgne, vous √©pie, puis vous tape dans le dos... C'est conciliant, presque sensuel, on peut percevoir le coup foireux. Et sit√īt qu'il vous renvoie √† votre inutilit√©, voil√† qu'il sort la main de la poche de son imper -vous saisissez l'√©clat du fer de l'arme la fraction d'une seconde mais c'est tout - et bang, votre cerveau se r√©pand comme une confiture trop grasse.

Les suédois de Suffocate for fuck sake sont méthodique, patient, méticuleux !... Ils pourraient, soyons honnête, envoyer voler toute prudence et vous débusquer de votre routine emmerdante en un éclair, et vous envoyez ad patres. Ce serait clair au moins, mais ! Non. Ils ont le sang froid là-bas, pas penauds tout péteux en nage comme ces Français aigri, prétentieux, irritables... Ils ont leur science.

Les su√©dois de Suffocate for fuck sake ont une d√©marche, pour "perdre le contr√īle d'eux-m√™me". Ah vous fr√©missez ! Vous pr√©voyez d√©j√† la transe hardcore sludgy ascendant pachydermique, l'ali√©nation hallucinante √† la Born Again, ou l'√©crasement perp√©tuel d'un Nihiliste(s)... L'ambition est tout autre, ici il faut couper les ponts, rompre les liens, partir et ne rien laisser. Le programme requiert des bases solides, un investissement sans limite. Blazing fires and helicopters on the frontpage of the newspaper. There¬īs a war going on and I¬īm marching in heavy boots est un des albums les plus ambitieux qu'il m'ai √©t√© donn√© de rencontrer cette ann√©e, et ses perspectives hors-norme, √† l'image du titre de l'album, se sont ici presque dessin√©s parfaitement. Brisons les conventions : il n'est pas ici question de post-rock... screamo... post-hardcore... indie... Et pourtant... On a rejoins tout √ßa ici dans de longues ond√©es mena√ßantes. Vous connaissez la Su√®de, on y a appris √† condenser, notamment avec Ik√©a (je prend un exemple probant). Ici je le r√©p√®te ! On sort de tout carcans. Les 67 minutes du disque ne sont que longues pauses contemplatives, entre deux carnages militaires. Visc√©ral ! Les "spoken word", en VO ici, n'esp√©rez pas y comprendre grand-chose petit bilingue, mais leur force demeure vive, on passe la barri√®re de la langue ! Derri√®re les riffs ternaires tissent, s'√©panchent, sans tomber dans la niaiserie d'Envy ; ici on suit la gr√Ęce d'une voix qui murmure, des notes qui brillent de plus en plus, jusqu'√† ce que le couperet tombe, de mani√®re chirurgicale, QUAND il le faut. We are driving through darkness est √©loquente √† ce sujet : la violence n'a rien d'artificiel. On hurle sous les d√©ploiement incendiaires du combo, comme on nagerait dans la tourmente post-hardcore d'un Breach. Tout p√®te et nous, on danse. Apr√®s l'explosion sonique du d√©but, le morceau se targue m√™me de finir en des eaux plus post-core, avant un virage final acoustique et indiesant ! Tout aussi insidieuse, Empty vous √©crase comme la "boot" que pr√©disait Orwell dans son chef-d'Ňďuvre, apr√®s une petite accalmie passag√®re. En attendant de pleurer √† nouveau, quand on reprendra nos esprits, que les survivants communieront, et qu'on enterrera nos morts. R√©cr√©ations pour hurler, reprise des cours pour s'√©panouir en silence, studieusement.

Les su√©dois de Suffocate for fuck sake vous paraissent encore un brin inoffensif ? Vous √™tes blas√© de la ronde post-core, secteur ultrabalis√©, foutu, qu'on a pill√© sans vergogne, rong√© l'os jusqu'√† qu'il en reste plus rien !... C'est qu'ils ont du talent √† la pelle. Les passages plus direct et m√©lodique qui surviennent quelques fois apportent encore de vari√©t√© √† un disque de nuance, en t√©moigne l'intro m√©lodramatique d'A Japanese Flag, phrases susurr√©es sur percussions et riffs abrasifs, tout comme ces chants clair intermittent, voix de jeune fille en fleur et de son beau na√Įf, parfaitement apaisants. Le repos du guerrier. Pourtant, m√™me l√†, on n'est jamais loin de la d√©pression. C'est la guerre mon pote ! Oublie pas ! On ne rigole pas avec ces choses l√†. Mais que ce soit bien clair : ils ne tapent pas dans le post-rock r√©chauff√©, anonyme, g√©n√©rique dirais-je... J'en tiens pour compte la superbe m√©lodie cyclique d'I keep my eyes on the ground, afraid of meeting someone I know. Et les spoken word ne sont pas ici secondaire comme chez les Japonais cit√©s plus haut. Ils sont m√™me ici le corps de la musique, ils concentrent toute la folie latente de compositions qui attendent d'exploser en chŇďur. C'est le nerfs le plus vif du groupe, et il faudra apprendre √† s'y faire.

Les suédois de Suffocate for fuck sake n'ont pas eu peur d'être trop pompeux, d'user trop l'auditeur, il sait qu'il a raison, que les aliénés vaincront du joug de la colère. La purge, c'est ce disque, voilà tout. Alors hype, arty, intello, trop lourd, maladroit... Par a coups, sans doute ! Mais le long fil se déroule, le fil conducteur d'un disque qui fonce droit dans le mur en signant la vrille parfaite, le saut de l'Ange dans la lave, la cascade qui va ravir le tout Hollywood. Tu montes ?
5 Apr 2008


Mogwai, Young Team.

1997, l'ann√©e qui a vu se lever deux des plus grands groupe de l'histoire du post-rock. Deux blocs aux couleurs sombres form√© de silences g√™nants et d'autant d'envol√©s psych√©d√©liques que de chute am√®re dans le bruit le plus tumultueux. Deux visions diff√©rentes et compl√©mentaires des arcanes les plus m√©lancoliques d'un genre qui sembla d√®s lors vou√© √† propager l'amertume. C'est que ces deux pierres angulaires du style sont √† des lieux des ritournelles d'enfants g√Ęt√©s de Explosions in the Sky. Je parle d'abord de f#a#‚ąě sign√© Godspeed You! Black Emperor. Et de ce Young Team. Si l'un est hant√© par les orchestrations les plus symphoniques, le second est brutalement rock. Chez les √©cossais donc, c'est la basse qui tranche, les guitares qui sifflent et la frappe d'une batterie qui semble √©chapper au marasme ambiant et contagieux qu'un piano d√©prim√© am√®ne dans ses esgourdes. Et il y a ses samples, discussions plac√©s en toile de fond, myst√©rieuses. L'ambiance est urbaine, et maladive, on erre dans des rues ternes sous un ciel gris√Ętre, et oui, nous sommes loin de la maison. A attendre seul l'orage qui viendra animer notre ennui. Lui il arrive Like Herod, en grandes pompes pour mieux nous martyriser hors de ce calme pesant de coups de tonnerres √©crasants. Puis la fureur des guitares se lasse et le beau temps revient, mais c'est un Summer souffreteux qui s'offre √† nous et contamine √† son tour. La basse danse et l'hypnose reprend. Et on est happ√© par cette musique l√©thargique, qui semble aller nulle part, qui s'engourdit dans le mart√®lement de ses m√©lodies tandis qu'on s'enfoncent progressivement dans ces tristes m√©lop√©es. Ainsi R U Still In 2 It pourrait faire office de ballades soupir√© pour un amour perdu, plus fragile encore que le reste. Et on se laisse balloter, au vent, √† la tristesse qui nous tient, aux variations langoureuses des th√®mes de cette musique, qui redevient chaotique (With Portfolio), qui culminent au bout du chemin dans une longue tirade √©pique, qui nous laissera √† bout de souffle √† coup s√Ľr. Vous reconnaissez ce malaise ? C'est que sur le fond f#a#‚ąě et Young Team, albums phares se recoupent totalement. Pourtant, ils se tiennent tout deux avachis de diff√©rentes mani√®res, avec deux allures uniques qui cristallise leur malheur. Et Mogwai refuse l'abattement contemplatif. L'animal sait sortir les crocs sans m√™me qu'on le mouille, et sait s'accrocher √† sa dynamique et √† sa spontan√©it√© rock √©tourdissante. Elle veille pour sauver ses partitions les plus d√©sol√©s lorsque l'hypotension menace. Alors si les Qu√©b√©cois et leurs penchants n√©vros√©s pour les airs solennels et dramatiques vous ont fatigu√©s, venez sous le ciel gris de Glasgow, vous y verrez qu'ils ont pas que le scotch whisky pour diluer leurs malheurs...

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