Pour célébrer la sortie de cet album (dont l'écoute du premier single, The Hand that Feeds, ne m'a pourtant laissé qu'un goût très amer dans le gosier), il me semble qu'une petite rétrospective de l'oeuvre du groupe serait la bienvenue !
A savoir que chaque CD qui compose la discographie de NIN s'appelle "halo X" où X est le numéro de la place qu'il prend dans l'enchainement des disques. Je ne parlerai ici que des halo véritablement importants (sinon on a pas fini car on approche de la vingtaine).
halo 2 - PRETTY HATE MACHINE (1989) :
Un premier disque, et déjà un pavé jeté dans la marre de l'indus, en cette tumultueuse fin des années 80. Années au son de clavier bien caractéristique (cheap, quoi !), qui marque au fer rouge l'album PHM. Ce n'est guère que le seul défaut qu'on peut lui trouver, car tout est réuni dans cet album pour annoncer l'avènement d'un nouveau mythe : les rencontres improbables de l'émotion et de la violence, de l'amour et de l'autodestruction, du vice et de la religion. Les guitares ne sont pas encore très présentes et l'instrumentation est plutôt minimaliste, mais déjà la voix sulfureuse de Reznor invite les foules à partager sa malsaine mélancolie.
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halo 5 - BROKEN (1992) :
Vous voulez découvrir un groupe capable d'évoluer à chaque album, jusqu'au bouleversement le plus total ? Et bien NIN est fait pour vous. Son deuxième effort est un concentré de violence comme l'indus n'en a que rarement vu. Il n'est d'ailleurs pas étonnant que tous les meilleurs clips en soient issus : la perversion est ici poussée à son comble (les deux pistes cachées sont d'une sensualité exacerbée, notamment le très fleur-bleu "Suck"), de même la critique du système ("the big broken machine") est très virulente. C'est le halo qui se rapproche le plus du metal, car il laisse la part belle aux grattes et aux rythmiques aussi véloces que martiales. Il n'en conserve pas moins cette émotion sourde, poignante, dont la br00talité n'est que l'arbre qui cache la forêt.
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halo 8 - THE DOWNWARD SPIRAL (1994) :
Pour une majorité de fans et d'amateurs du groupe, il s'agit là du chef-d'oeuvre absolu de Reznor, et peut-être même de l'indus tout entier. Sur le thème, cher à l'auteur/compositeur/chanteur/musicien/producteur/arrangeur/j'en-passe-et-des-meilleurs, de l'autodestruction, cet opus ne peut laisser personne indifférent, tant il s'adresse avec la même force à l'âme ("Eraser") et au corps ("Closer"). Il n'y a pas un seul titre pour contredire la logique de l'ensemble, et cette homogénéité est pour le moins étrange car, écoutés indépendament, tous les morceaux se révèlent très différents dans leur style musical dont le seul point commun est la teneur en saturation qui caractérise une oeuvre industrielle. Du rock par-ci, du metal par-là, un poil de punk, un chouillat de blues même ! Et pourtant, c'est évident, intense, aussi dense que beau, et ce plaidoyer pour la disparition n'a pas fini de transcender des générations de mélomanes, car l'album n'a pas pris une ride, je dirais même qu'il est encore aujourd'hui, plus de 10 ans après sa sortie, à l'avant-garde de la musique.
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halo 14 - THE FRAGILE (1999) :
Très difficile de succéder à une oeuvre de référence comme The Downward Spiral ! Peu de groupes auraient pu remplir ce contrat avec le même brio que NIN, qui confirme encore une fois son originalité et son sens de l'évolution. Pour son quatrième effort d'envergure, Reznor nous gratifie d'un double-album que je qualifierais de "mature". Généralement, on parle de maturité lorsqu'un groupe s'est calmé et propose une musique moins violente et plus accessible. Ce n'est pas forcément le cas ici. Moins violent certes, mais plus accessible, absolument pas. Les arrangements n'ont jamais été aussi fouillés et les pistes regorgent de sonorités étouffées, distordues, car le thème, vous l'aurez compris, est la fragilité intrinsèque de chaque individu. Là où Reznor s'était montré impitoyable dans Broken, il fait ici tomber le masque sur sa part d'humanité, et ne manque pas de chanter une fois encore l'avancée terrible vers la mort ("The Great Below"), vision qui le hante et l'oriente. A noter que NIN nous offre ici quelques instrumentales de toute beauté qui font rimer puissance avec douleur ("Just like you imagined", "Ripe (with Decay)"...).
Chronique complète en cours d'écriture
Voilà ! J'espère avoir donné envie aux plus curieux d'entre vous d'écouter ou de réécouter ces albums absolument tous géniaux. Et j'attends bien évidemment vos commentaires, opinions, corrections éventuellement. Nous n'avons pas trop d'un mois pour décortiquer les oeuvres du maître !