A écouter : Let's Kill These Mothers Fuckers, Evil Power, We Are Hades, The Iron Age Of ManNote : 13.5/20
Ca fait maintenant presque 10 ans que Steven Rathbone et ses petits copains balancent joyeusement du riff bête et méchant (et gras) de leur gros Thrash/Black dégueulasse nourri au doom et sludge gras. Quatre albums aux compteurs qui ne dévient à chaque fois que d'un pet de mouche du cap fixé dès la première démo qui se promettait de piller Hellhammer et les premiers Slayer jusqu'à la moëlle. Bref un programme à faire mourir d'ennui l'amateur de free-jazz auquel ce genre de musique de n'adresse de toute façon pas.
Cependant si les réjouissances qui avaient éclaté à la face du monde avec l'excellent The Ultimate Destroyer, qui s'était bien posé comme tranche de gras old school façonné avec les techniques 2000's, ont bien échauffé le metalleux de base, le faux pas de War Metal Battle Master l'aura plutôt refroidi. A défaut d'être véritablement mauvais, ce précédent effort était surtout dénué d'intérêt car composé totalement en pilote automatique et dépourvu de la gniaque qui faisait le caractère de Lair Of The Minotaur, un groupe qui fonce toute burnes dehors. L'abandon des influences Heavy pour plus de Black assécha également pas mal le son, le rendant plus banal et bien moins enthousiasmant. On ne pouvait en retenir que la chanson titre War Metal Battle Master dans laquelle semblait s'être réfugié ce qui restait d'envie et son clip excellentissime qui sauvait presque tout le reste, tant que je n'hésiterais pas à dire que c'est un des meilleurs clips de metal de la décénnie.
Alors du coup, quand arrive le petit dernier avec un titre du même metal (si je puis me permettre) comme « Evil Power », on était en droit de se demander si nos trois idiots n'allaient pas sombrer dans la médiocrité où s'échouent une proportion majoritaire de groupes de Thrash/Black qui se veulent plus Evil que Satan lui-même. Suspense.
Mais bien heureusement nos trois larrons semblent avoir retrouvé des couleurs, ou leur musique tout du moins. Chaque chanson recelle son lot de riffs entêtants qui donnent une sacrée envie d'headbanguer et provoquent des raz-de-marées qui mettent KO pas mal de groupes de Revival Thrash. Le Black est également bien présent avec son lot de voix éraillés (Blood From The Witches Veins, We Are Hades, Evil Power, Riders Of The Skullhammer, We Ride The Night) et son influences sur les guitares est heureusement moins forte, ce qui donne plus d'aisance au thrash pour déployer toute sa puissance de feu, la chanson titre en témoigne. La part belle est également faite aux rythmes punk mid-tempo qui donne un relief bienvenu à la musique du trio et aux sensations épico-viril avec l'excellente The Iron Age Of Man au refrain imparable. Et bien évidemment, les paroles témoignent de la constance de LOTM dans le second degré,pour preuve la deuxième piste sobrement intitulé « Let's Kill These Motherfuckers ». Un opus plus testostérone que centré sur la mythologie grecque, dont la chanson Death March Of The Conquerors constitue le paroxysme dans lequel Rathbone exorte ses guerriers à lui ramener la tête de leurs ennemis. Fin et Délicat on vous dit.
Au final, entre ces cavalcades infernales et quelques incitations à la bastons, on se trouve plutôt content que Lair Of The Minotaur ai sut effectuer un sursaut d'orgueil après le fade War Metal Battle Master. On regrettera par contre que les passages doom/sludge soient toujours aux abonnésabsents alors qu'ils faisaient de la deuxième galette des chicagoens un sacrée bon disque, celui-ci étant plus modestement juste bon. En dernier souhait, on peut également souhaiter qu'à l'avenir, Rathbone et ses potes misent moins sur la production pour balancer les bûches. N'ayant pas vu nos petits amis en live, il me serait désagréable que l'effet soit le même qu'avec Legion Of The Damned qui sur cd, grâce à la production, envoient des troncs d'arbres qui se transforment en un risible petit bois quand on les voit en chair et en os.