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Version complète : Monks, The - Black Monk Time
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Neocreed
The Monks - Black Monk Time (1966)




trAck listing

"Monk Time" – 2:42
"Shut Up" – 3:11
"Boys Are Boys and Girls Are Choice" – 1:23
"Higgle-Dy-Piggle-Dy" – 2:28
"I Hate You" – 3:32
"Oh, How to Do Now" – 3:14
"Complication" – 2:21
"We Do Wie Du" – 2:09
"Drunken Maria" – 1:44
"Love Came Tumblin' Down" – 2:28
"Blast Off!" – 2:12
"That's My Girl" – 2:24




L’avènement des Beatles et leur déification immédiate a projeté beaucoup de groupes de rock dans le précipice, un aller simple aux oubliettes de la Musique. Dieu seul sait combien en ont réchappé et rares sont ceux dont on se souvient encore aujourd’hui. Redécouvrir des décennies plus tard l’œuvre de ces étoiles filantes musicales relève purement et simplement de la Chance. Le jour où j’ai découvert les Monks, j’ai su qu’elle avait frappé à ma porte. Tout ce qu’ils avaient laissé sur leur testament c’était un LP à la pochette noire, d’une sobriété repoussante, intitulé Black Monk Time et sorti en 1966. L’héritage parait bien maigre j’en conviens. Mais l’adage populaire dit bien que l’habit de fait pas le moine. Et c’est ce bon mot qui m’a mis le pied à l’étrier.

Tout d’abord, la carte de visite des Monks est accrocheuse. Soldats américains stationnés en Allemagne, ils sont loin du cliché que l’on se fait des musiciens de l’époque. Pas de flower power, pas cheveux longs et pas de pattes d’ef. C’est là une austérité de façade. En effet, les Monks sont un groupe précurseur dont le sens où ils ont été parmi les premiers à se mettre en scène, et ce bien avant les globes oculaires des Residents et les trisomiques de Devo. Tonsure et soutane typiquement monacaux, cordes non pas à la taille mais autour du cou en guise de cravate, les Moines poussent le délire à l’extrême et ce n’est plus des concerts mais de véritables représentations qu’ils offrent au public.

Cependant, il serait dommage, voire idiot, de réduire les Monks à ce simple aspect fantaisiste. Car ce Black Monk Time a tout d’un album majeur. Dans un genre qui ne brille pas forcément par sa diversité, les Monks ont réussi à produire un opus remarquable. Délivrant un rock garage qui se rapproche parfois de The Sonics, tant sur le fond, avec ces refrains très entrainants que l’on retient immédiatement, que sur la forme (chansons assez courtes, structures minimales), les Monks arrivent tout-de-même à imprimer leur empreinte personnelle. Ce qui fait la spécificité de ce disque c’est l’humour surréaliste que les Moines y ont parsemé, montrant, un gros penchant what the fuck-esque (« Monk Time »), que n’auraient pas renié les Butthole Surfers. Cet esprit volontairement décalé, d’obédience dadaïste, parfois grotesque, est omniprésent sur certaines titres, comme le très bon « Drunken Maria » avec son refrain mythique (Sleepin’ Maria don’t drink, drunken Maria don’t sleep). Le summum du n’importe quoi est atteint avec l’inénarrable « Cuckoo » où le type se plaint, en chantant, qu’on lui a volé son coucou et il cherche à savoir qui est le coupable (Someone took my cuckoo… I wanna know who who). Ce qui est frappant c’est que les Monks ne se contentent pas de faire sourire, leurs chansons ne sont pas qu’un prétexte à la drôlerie. Se basant sur des rythmiques très très accrocheuses, quasiment toutes les chansons sont tubesques, comme « Higgle-Dy-Piggle-Dy », « I Can’t Get Over You » ou « Complication ». Enfin, le dernier tour de force des Monks, c’est leur capacité à se diversifier, sachant également faire la part belle aux mélodies, comme en témoignent « Love Can Tame The Wild » et le très beau final « He Went Down To The Sea », où les parties vocales se font plus maitrisées, le coté halluciné et frénétique troqué pour un chant plus posé.


La Musique est bien cruelle avec ceux qui la font et il serait bien naïf de croire qu’il pourrait en être autrement. Les Monks n’ont sans doute pas eu la carrière qu’ils auraient méritée. Si la musique était une affaire de mérite, nous savons tous que nous n’en serions pas là aujourd’hui. The Fall a tenté en vain de sortir Les Moines de l’ombre, et même si de nos jours, des groupes à succès s’en réclament (The White Stripes), tout ça n’intéresse personne. Finalement, on revient au point de départ : tout a rapport avec la Chance. Malheureusement pour certains, la Chance a frappé a la porte du voisin.

DEJuMe
The Fall ? tu parles du Silver Monk Time ?

Sinon je pense que beaucoup connaissent ce groupe sans connaitre (ouais), au moins une chanson grâce à Big Lebowski.
Neocreed
ça et d'autres covers qu'ils avaient fait des monks et qu'ils avaient mis sur un de leur cd (je me rapelle plus lequel).

haha y'a les monks dans le big lebowski? faut vraiment que je le mate a nouveau.
DEJuMe
http://www.youtube.com/watch?v=WiQmQhA-OrM

MARK IT ZERO!!
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