voilà la chronique originale: http://www.metalorgie.com/metal/groupes.php?id=1972#%2Ashels



Sea of the Dying Dhow
Note: 20/20
Année: 2007
A écouter: sans hésiter.

En 2007 dans l'ère shelsienne apparaît le premier full-length de Mehdi Safa et sa bande post-rockeur, Sea of the Dying Dhow. Déjà mis pied sur le devant de la scène par une première production en 2004 avec Wingsfortheirsmiles, les membres du line-up ne sont pas novice de leur musique. En effet, Mehdi Safa est d'abord issue du groupe Postcore britannique Mahumodo (RIP 1999-2003), il est suivi du bassiste, ainsi que du batteur les rejoinant après la sorti du premier EP de leurs confrères Devil Sold His Soul (ex-Mahumodo). *Shels est également représenté par des membres de Fireapple Red et Eden Maine. Ce nouveau projet de Mehdi Safa regroupe à lui seul 6 à 7 membres pour nous offrir un cocktail Post-Rock/Core aux berges metalcoridesques.

Ceci étant, après un EP peu remarqué en 2004, le Trompettiste Arif Driessen ajoute sa touche sur ce premier album produit par shelsmusic, ce ne sera qu'un sourir qui se dessinera facilement sur notre visages après les premières impressions de ces 59 minutes à bord de ce bateau traditionnel Arabe voguant sur l'Océan Indien.

Sea of the Dying Dhow, cette épopée musicale commencera par une longue introduction de 9 minutes plus que grandiose; The Conference of the Birds. C'est le cycle des 4 saisons, les premiers accords de guitares distordues nous raconte un ciel bleu Indien au-dessus d'arbres qui fleurissent, de Manalis, Dharamsala ou tout autre plantes polychromes. Les instruments à cordes sous les coups rythmiques de la batterie s'ajoutent comme un nouvel élément du panorama saisonier. Puis dans le parfum printanier les oiseaux chantent "do you remember the sun, remember the sun, that we knew, falling down...", une aria mettant fin au printemps, le rythme sembale lentement, cette saison n'a plus sa place avec l'arrivée des grosses chaleurs estivales, les feuilles se déchessent en prenant des couleurs magnifiques telles les sonorités de la musique. La canicule s'installe, l'été sera court, et les vent secs emballent la mélodie dont des voix à peine audibles seront ensevelient par la première pluie arrassante d'Automne. Une guitare électrique auparavant inexistante gronde tel l'orage, accompagnée par une batterie qui déferle une averse instoppable mais courte, durant cette saison des pluies. Puis le temps se calme, l'accalmie pousse les feuilles à tomber, mais le ciel s'obscurcit sous les claquement de doigts comme une mis en scène apocalyptique. l'Automne ne sera plus, les premiers flocons tombent sous la trompette glaciale et en l'instant d'un puissant éclair, une grêle explose sous les pluies qui ne cesseront que bien après. Dans l'ultime déluge l'orage crache ses foudres d'où on peut entendre " I CAN !!! ", les pluies saisonnières font ravages, mais en vain, ce spectace se termine en ondée, s'atténue et enfin le printemps renaît dans des chants féminins de toute grâce. Mais les "Birds" dans tout ça ?! Les milliers d'oiseaux sont regroupés telle une énorme nuée dans ce ciel déchaîné, pour y jouer un ballet, entre terre et ciel, foudre et grêle, ils sont tel un nuage dansant, une conférence annoncant la fin de quelque chose, le début d'une autre, une saison se finie, une autre recommence.
Ce mélange trompette/postcore (alternant calme et puissance avec habilité) apporte donc une certaine originalité et est loin d'être inécoutable. Au contraire ce serait passer à côté de Quelque Chose. Les amateurs de Mahumodo, Latitudes ou même Pax Cecilia ne pourront que confirmer cet extase musicale surprenante. Sea of the Dying Dhow commencera donc par la pièce maîtresse, un véritable diamant brut.

Ce voyage se poursuit avec Indian - Part 1, une composition instrumentale Post-Rock à souhait. On rencontre des accords berçants signé *Shels sur tout l'album, avec un fond de distorsion de guitare qui s'enmêlera parfaitement bien avec les premiers accords. La batterie mettra aussi du sien, le rythme se fera doux, comme le vent venant caresser le visage en haut des falaises où vient frapper les vagues musicales de l'Océan Indien. Cette composition fera l'oeuvre de méditation jusqu'au moment où la guitare électrique nous sortiera de toute réflexion pour rejoindre la mer en un grand saut et embarquer par la suite le Boutre sillonant cet Océan pour continuer ce périple à peine commencer et déjà riche orchestralement.

Cette excursion dans cet Océan indien à bord de ce Dhow nous pousse à entendre les flots murmurmer leurs sons qui écument les vagues serènes. L'intro de The White Umbrella, ne durant pas plus de 2 minutes, sera qu'une phase passive par les longues vibrations des guitares pour seuls paysages de ces mélodies, l'horizon.

Le Ciel s'épaissit anormalement et les vagues nourries d'une avalanche pluvieuse, font vibrer avec forte intensité le Bateau, par les riffs post-metal d'une guitare électrique puissante, la batterie ménera elle aussi sa mesure. Mais cet intemperie ne sera qu'éphémère en cette incroyable traversée, au bout de quelque instants la douceur refait son apparition, la batterie a laissé place à des guitares dans une tonalité plus rassurante, quelques notes de synthétiseur viennent y placer une touche harmonieuse. Mais le repis à forcément une fin, et la batterie refait surface en même temps que le soleil montrant ses rayons par les nuages qui planent avec splendeur. Les guitares electriques grondantes réssurgissent des remous océanique, la houle s'enivre de ces mélodies hétérogènes, enfin la quiétude reprend sa place où les oiseaux côtiers qui ont pris le large sifflent dans ce ciel à la fois déchiré et paisible. Bien que le temps n'en faisant qu'à sa tête, il montre avec énergie, par la puissance des guitares électriques que le postcore est bien présent, sous les cris infernaux provenant du Dying Dhow pour ce White Umbrella agressif.

Enfin, l'horizon bleu océanique tout autour du bateau est accompagné d'un chant émocore sous les guitares électriques typiques au métal, crachant leurs sons de Water au beau milieu de cette eau Indienne.

Ce voyage nous transportera jusqu'au titre éponyme de l'album, Sea of the Dying Dhow qui commencera par un rythme essentiellement entraîné par la batterie, accompagnée de guitares sous de longues ondes musicales produites par un synthétiseur. La Mer Indienne est alors un peu agitée par les fortes caresses des vagues contre la coque du navire. Elles le feront tanguer au rythme de la compostion instrumentale. Mais d'une coupure assez sec le temps se fera neutre et une plage ambiante façon fade-out de Mechanical Sounds Cascaded Through The City Walls And Everyone Reveled In Their Ignorance (Red Sparowes) aménera alors une nouvelle agitation de riffs électriques perturbant la nef.

Le temps redevenu normal voguera alors le Boutre au large d'une île coralienne, les murmures du vent en symphonie avec le Gong orientale ne durent qu'un faible instant avant l'accostage sur l'Atoll.

The Killing Tent se voit alors comme une promenade au coeur d'une forêt de Sarnath et de Bodhgaya en fleurs qui se fanent au gré du temps, en plein Automne. Le crescendo de guitares souffle comme le Bhoot et nous saisit d'émotions. The Killing Tent se veut plus qu'une musique, elle se veut comme une ballade. le Loo souffle alors seul pour qu'un nouveau crescendo apparaisse jusqu'à une brusque averse mené par la batterie, le rythme battu par la pluie et leurs echos torrentielles chantent "Am I the rain, in your eyes ?" d'une forte intensité sentimentale. A l'abri d'une tente fait de branchages et de feuilles l'orage s'estompera.

De retour dans le Boutre, *Shels se prépare à nous embarquer à destination de Gulu (Ouganda) par Indian – Part 2. Un poème mélancolique racontant la tristesse engendrée par les mères donnant naissance à leurs décendences pour les regarder grandir et les voir partir. "[...] And when mothers cry, When their babies are born; [...] And when mothers cry, When their babies are old; [...] And when mothers cry, When their babies are gone [...]".
Une mélopée Post-Rock dont la batterie mettera le ton lors du 3ème couplet avec comme fond une guitare traditionnelle guidée par les autres.

Durant le périple, le temps se fera favorable et au loin des côtes Indiennes, des cordes traditionnelles joueront leurs complaintes instrumentales. Puis ils laisseront placent aux guitares dont l'air sera d'un calme profond et le premier coup de batterie mi-morceau en fond avec le chant lointain de Mehdi Safa sera une fois de plus une grande émotion intérieure. Return To Gulu poursuivera avec deux simples guitares sous l'aria onirique de *Shels. Ce morceau est d'une diversité musicale incroyable, mêlant instrument traditionnel et Post-Pock.

Enfin nous voilà à la fin de notre voyage, à Gulu dans l'Ouganda situé au coeur de l'Afrique des Grands Lacs. Et c'est In Dead Palm Fields qui conclura ce récit débordant de richesses musicales. A savoir que l'Ouganda est devenu un pays développant les cultures de Palmiers à huile très mauvais du point de vue écologique. Ce titre long de plus de 10 minutes s'ouvriera par des accords d'un duo de guitares, la batterie alors ajoutera ses percussions et Mehdi Safa chantera avec amertune "When the water comes around us, let’s poison ourselves! put this starfish in your hands and close your eyes again...". Ce Post-Rock doux continuera avec une guitare jouant quelques notes, la batterie qui avait arrêter ses coups de baguettes entraînera un duo avec la guitare parmi les vagues écumantes du synthétiseur en fond de toile. En vain, un autre rythme prendra le dessus sans la batterie mais l'ambiance se fera alors nettement plus Postcore à l'arrivé des cris perçants en compagnie des percussions. Et les guitares électriques donneront un aspect plus Métal au morceau, les chants s'entremêleront avec les instruments. Puis les enceintes des guitares électriques vomieront parmi leurs riffs perçants des cris venus du fond des tripes et les dernières notes répétitives annonceront la fin, cette fois similaire à une de leur première production déjà, m, sur leur premier EP Wingsfortheirsmiles. In Dead Palm Fields figurera comme étant un autre morceau à part entière, avec des compositions hybrides mêlant du Post-Rock au Postcore avec une pointe de Métal. Et non aux monocultures de Plamiers à Huile!

*Shels réussira son entrée dans ce vaste monde du Post-Rock/Core, par un album remarquablement diversifié, et nous livre un voyage fou entre Inde/Afrique en passant par les îles coraliennes (Atoll) et les mers parfois agitées, c'est un album qui a une histoire dont il désire d'être écouté. Il nous propose également un deuxième EP qui sortiera quelques mois plus tard sous le nom de Laurentian's Atoll ainsi qu'un futur album (moins "brut" d'après les echos du chanteur) Plains of the Purple Buffalo pour fin 2010 après plusieurs grosses tournées. Seront-ils capable d'être les nouvelles références de ces genres pré-XXIème siècle ?

Sea of the Dying Dhow's Tracklist (59:10) :

The Conference of the Birds 9:14
Indian (Part 1) 4:41
The White Umbrella Intro 1:53
The White Umbrella 8:43
Water 3:26
Sea of the Dying Dhow 6:20
Atoll 0:44
The Killing Tent 4:19
Indian (Part 2) 2:40
Return To Gulu 6:16
In Dead Palm Fields 10:58