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Version complète : Nww List
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yoda_superstar
NWW list? mais caisse queue sait? et puis NWW comment ça se prononce, ça veut rien dire, c'est nul.

NWW pour Nurse With Wound, cette fameuse liste est en fait un artefact que l'on pouvait trouver dans la première édition du premier opus du groupe, Chance Meeting On A Dissecting Table Of A Sewing Machine And An Umbrella, et étendue avec le deuxième album. La liste est une énumération de groupes (tous antérieurs à 1979, donc) qui ont, d'une manière ou d'une autre, inspiré Steven Stapleton et ses amis. Ces groupes sont au nombre de 292 (dont certains imaginaires à ce qu'il paraît), de Agitation Free à ZNR, et brassant des styles extrêmement divers.

La puissance d'une telle liste est le statut über-kvlt qu'elle a acquis au fil des années, renseignant du même coup les sales geeks en manque de groupes inconnus/cultes/undergrounds/expérimentaux/avec-des-cheveux-longs-et-des-idées-douteuses qui seraient à même d'apporter un peu d'originalité et de folie dans les mornes écoutes du quotidien.


Voilà la liste en question, annotée avec des liens et des pistes d'albums : http://tgk.konshak.org/nww/tgksnwwlist.html


Je pense pas que ce topic montrera un jour les descriptions des 292 groupe (et tant mieux, parce-qu'il doit y en avoir des bien nuls quand même), donc je l'alimenterai au gré de mes envies/écoutes (et par groupe de 3-4 noms), et laisserai à qui-veut-bien le soin d'ajouter sa science. Ah oui aussi, même si le groupe présenté est pré-1979 il est possible que je parle d'un album post-1979, s'il est plus intéressant.


Commençons (avec quelques copié/collé parce-que j'ai un peu la flemme) :



Archaïa ~ Archaïa (1977)

Archaïa est un groupe de zeuhl (français donc) n'ayant sorti que cet album en 1977, soit peu après la "grande époque" de Magma (aussi présents sur la liste). Et, bien que le spectre du grand frère plane, période Üdü Wüdü principalement (basses grondantes, claviers saturés et très présents), le groupe arrive à s'extraire de ses influences par un chant exclusivement en français aux paroles tantôt "SF 70's" (je me comprends) tantôt dada et jouant sur la sonorité. De plus, par opposition à nombre de groupes zeuhl de l'époque qui ont privilégié le côté grandiloquent du style, Archaïa se concentre sur son penchant le plus sombre, donnant au son une puissance qui n'est pas illusoire.



+

Basil Kirchin ~ Worlds Within Worlds I (1971) et II (1974)

Musique progressive expérimentale qui va puiser dans le jazz, la musique contemporaine (surtout pour le premier opus), l'ambient à tendance dark et l'impro (surtout pour le second opus). Un résultat étrange pour le premier peuplé de lumières inhabituelles, totalement effrayant pour le second empli de murmures, de pleurs et de grincements. L'écoute des deux à la suite est quasiment obligatoire.





Catherine Ribeiro + Alpes ~ Paix (1972)

Rien que la pochette et le nom de l'album en disent long : hippie, hippie, hippie. Comme les Français sont toujours en retard sur les mouvances, l'album date de 1972 quand le flower power était un peu en train de mourir, mais on a là un album de folk psyché de très haute volée. Et il a cela de particulier qu'il n'a pas grand chose à voir avec ce que proposaient les Américains ou les Britanniques à l'époque dans des registres plus acid folk genre Perry Leopold ou Simon Finn. Y a un côté prodiges locaux mais qui s'en foutent parce-qu'ils ont décidé d'établir leur communauté dans la campagne aux alentours de Digne, impression sans doute due au fait que c'est chanté en français (et la pochette qui me mets perso direct dans un état d'esprit particulier). A ce propos on peut avoir du mal avec le fait que les textes soient en français et le chant un peu spécial (mais totalement adéquat, époustouflant par moments) de Catherine Ribeiro, mais en fait si on arrive à se mettre dans l'ambiance ça transporte directement dans un état nostalgique d'une époque qu'on a pas connu.





Cromagnon ~ Orgasm (1969)

Putain de malades mentaux. Les gars de Cromagnon ont tout du freak 60's, à l'instar de The Fugs (absents de la liste), pour le côté foutraque, on prend les guitares et on voit ce qu'on peut faire avec, mais ATTENTION la mélodie et l'ordre c'est mal. Si Orgasm occupe aujourd'hui une place de choix dans le coeur des amateurs de musique expérimentale de tout poil, c'est par le côté légèrement visionnaire ou en tout cas "en avance" de certaines de ses compositions, le reste étant il faut bien le dire juste bordélique et amusant, sans plus. Et l'album s'ouvre sur un de ces morceaux (Caledonia) qui forcent le respect quand on prend en compte la dimension temporelle : indus martelant sur nappes de cornemuse, certains y voient même du proto-black metal (je n'en suis pas, mais c'est un point de vue), et tout ça en '69 les enfants. La tension retombe bien vite avec plusieurs morceaux de cris/percus sur ce qu'on trouve/sirènes, malgré une bonne (mais courte) fin sur Fantasy. De la suite on ne retiendra pas tellement le court délire Genitalia, mais plutôt le folk de Crow Of The Black Tree, le drone de Toth, Scribe 1 et les choeurs solennels sur fond de guitare électrique folle du dernier titre de cet album tout aussi fou.
Assatur
topic de luxe en vue !
Daturama
OH! Ca ca fait plaisir!
Merci Yoda.
Tu devrais agrémenter des prix des objets sur discogs histoire que l'on capte l'étendu culte de la chose.
manulerider
Encore, encore! Je connais l'existence de cette liste depuis un bail mais je l'ai jamais scrutée de fond en comble. Je pense que j'en connais un paquet, mais également que je n'en connais pas un paquet.
Chain
Merde, moi qui veut me mettre au psyché ça va faire mal une liste comme ça. Archaïa et Cromagnon ça me tente grave !
Assatur


Debris' est typiquement le truc un peu inconcevable que peut révéler la NWW list, un trésor anonyme d'avant-garde qui s'ignore. Leur disque Static Disposal, sorti en 1976 semble annoncer le post-punk alors que le punk même est en gestation. Y a toutes les velléités expérimentales de rigueur : du vibraphone, du sax', des synthés, de la scie circulaire, des hurlements viscéraux, un chant déjà théâtralisé... Sur une base presque rockabilly, mais en explosé alors, dans un déhanchement approximatif qu'on qualifiera de garage même si le groupe évoque davantage un laboratoire. Tout le psychédélisme dégagé par ce disque aux confins des genres (krautrock, proto-punk, ambitions bruitistes, avant-No-wave ? diantre !) est invraisemblable, qu'est-ce que des jeunes dadas perdu dans l'Oklahoma ont pris, écoutés, lu, détruit pour en arriver là ? Un premier jet immense, et définitif. Recommandé à tout ceux qui aiment le rockab', les confluents du post-punk et de l'expérimentation, les disques baroques, ceux qu'on ne comprend pas.

http://www.myspace.com/debris1975
Daturama
Want list!
Somnium
Wiki : nww list sur Wiki

et Un site Web avec des annotations et des liens !

tgk.konshak.org/nww/

Yoda, tu pourrait peut être ajouter cela dans ton premier post ?
Assatur
Épeler la liste c'est très bien, la faire sortir de ses gonds c'est mieux. Si les passants découvrent un de leur disque fétiche dans le tas ce serait cool qu'il le dissèque pour nous. J'ai pas le temps pour le moment d'en évoquer davantage mais si ce topic peut être informatif et vraiment participatif on tient une affaire passionnante.
Somnium
Je suis parfaitement d'accord, mais mettre un lien de référence (annoté qui plus est) peut amener plus de gens à se pencher dessus, boostant d'autant plus le topic, non?

Et ça permet de donner une idée précise de la chose, parce que je doute par exemple qu'ici on traite du Velvet Underground ou de Magma, bien trop connus et pourtant présent.

Je vais me pencher dessus en tout cas.
Assatur
Ah mais je ne critiquais pas du tout ta contribution, c'est effectivement un point de départ. J'espère juste que y aura un starting block.
yoda_superstar
Liste ajoutée dans le premier post.


Et bien vu Assatur pour Debris' ; )
Neocreed
Quand j'aurais la motivation et du temps pour, je ferai un petit speech pour Jan Dukes de Grey, The Red Crayola et Pierrot Lunaire
Assatur
Je pense pas déterrer un quelconque oubli, mais on ne parle jamais assez du génie de This Heat, groupe de Brixton où l'on retrouve notamment Charles Hayward (qui rejoindra plus tard Massacre.) L'EP éponyme, Deceit, Health And Efficiency ou les Peels Sessions sont autant de disques cultes et unique, qui situent ce groupe là où il l'entend le mieux : nulle part. Affiliés au post-punk dont ils conservent la tension sous-jacente, on pourrait aussi les titrer comme Kraut, de l'electro ou du progressif, on aurait systématiquement tort et un peu raison... J'aime bien parler d'Art-rock pour les définir, parce que c'est flou, un peu comme l'écart qui sépare toutes les influences cumulés par le groupe. Faut s'imaginer des britanniques, le punk, la new-wave locale, qui aurait voulu incorporer le RIO, le Kraut, la musique concrète, et donner peut-être un exemple d'alliance entre musiques savantes et pop (entre Schaeffer, Eno et le post-punk du moins, avec plus de profondeur qu'un Cabaret Voltaire). Dès 1976, les deux passages chez John Peel dévoilent l'étendue de la Zone qu'entend occuper This Heat, qui délivrent déjà une sauvagerie rare (la première version d'Horizontal Hold, furieuse) entre des parenthèses ambiantes assez fascinante. Un spectre que balayera plus tard sans complexes Noise ou Post-rock, finalement pas si Post- que ça. Le premier album introduit sans complexe de la musique pour bande dans un album très calme, froid et insaisissable : la pochette n'était pourtant pas si repoussante (quoi que) :



Le disque d'après, Health and Efficiency, emploie chacune de ses faces à appuyer les cotés de la pièce This Heat : post-punk tourbillonnant, ambiant sédatif.



On résumerait simplement l'affaire Deceit en disant qu'il représente la tranche invraisemblable de la même pièce : une véritable effusions de sonorités, d'idées, de concepts qui balayent de loin le simple carcan rock. Recenser tout ce qu'on y trouve serait simplement harassant, mais l'on peut insister sans encombres sur la cohérence inouïe qui sillonne un disque incontrôlable. Un peu à l'image de sa pochette finalement, une mosaïque bien funeste, sérieuse et grave, fourmillante de génie.



Un aperçu immédiat, vif et peu représentatif (mais c'est la norme, ici, l'absence de normes.)
yoda_superstar
Deceit, Deceit, Deceit... putain cet album est tellement incroyable que je me rappelle que peu du premier, et que j'ai même pas écouté le reste. My bad, ce sera réparé.


Neocreed > ok, on t'attend maintenant, la place est réservée.
manulerider
CITATION
Cromagnon ~ Orgasm (1969)

Putain de malades mentaux. Les gars de Cromagnon ont tout du freak 60's, à l'instar de The Fugs (absents de la liste), pour le côté foutraque, on prend les guitares et on voit ce qu'on peut faire avec, mais ATTENTION la mélodie et l'ordre c'est mal. Si Orgasm occupe aujourd'hui une place de choix dans le coeur des amateurs de musique expérimentale de tout poil, c'est par le côté légèrement visionnaire ou en tout cas "en avance" de certaines de ses compositions, le reste étant il faut bien le dire juste bordélique et amusant, sans plus. Et l'album s'ouvre sur un de ces morceaux (Caledonia) qui forcent le respect quand on prend en compte la dimension temporelle : indus martelant sur nappes de cornemuse, certains y voient même du proto-black metal (je n'en suis pas, mais c'est un point de vue), et tout ça en '69 les enfants. La tension retombe bien vite avec plusieurs morceaux de cris/percus sur ce qu'on trouve/sirènes, malgré une bonne (mais courte) fin sur Fantasy. De la suite on ne retiendra pas tellement le court délire Genitalia, mais plutôt le folk de Crow Of The Black Tree, le drone de Toth, Scribe 1 et les choeurs solennels sur fond de guitare électrique folle du dernier titre de cet album tout aussi fou.



Deuxième écoute de ces malades mentaux pour le moment, j'suis un peu sur le cul. Pour le coup on voit clairement ce qu'un groupe comme ça a pu amener à NWW, je me demande comme un tel objet a pu traverser le temps cela dit, ça tient probablement à peu de choses pour que ce disque soit pas tombé dans l'oubli, avant cette fameuse liste devenue culte eu égard au statut désormais assis de NWW.
yoda_superstar
Oui après ça dépend ce qu'on appelle tombé dans l'oubli, parce-que d'un côté Cromagnon reste un groupe relativement "connu" chez les amateurs de bizarreries 60's-70's (mais du coup ça reste très ciblé) et ce peut-être aussi grâce à NWW, sûrement même ; mais d'un autre côté on peut se dire que ça reste quand même super marginal et que c'est bel et bien tombé dans l'oubli finalement.

Parce-que Cromagnon fait partie de ces groupes qui n'ont pas connu le succès commercial (pas même à l'époque me semble-t-il), mais qui a rencontré au fil des années un succès d'estime qui fait qu'on le retrouve cité chez plusieurs artistes/amateurs de musique, et ce régulièrement depuis les années '70.
FaleculA
Ben ça alors, je m'attendais pas à voir un dikse qui a bercé mon enfance dans cette liste...
Catherine Ribeiro + Alpes ~ Paix (1972)
...et en y réfléchissant le reste de la disco de Catherine seule ou avec Alpes est à recommander!
yoda_superstar
Allez, une petite sélection made in France :




Heratius ~ Gwendolyne (1978)


Voilà un groupe vraiment peu connu issu des (pas vraiment) vertes campagnes du Languedoc, et aussi ce qu'on pourrait considérer, bizarrement pourrait-on penser, comme une des influences les plus directes sur Nurse With Wounds, leur premier album en tout cas. On peut commencer par la pochette où transparaissent un goût du DIY et une inclination pour l'esthétique cabaret/bondage/SM.. Musicalement on a droit à du collage plutôt pas dégueu, des petits délires guitaristiques et saxophonesques et pas mal de textes surréalistes dictés en français pas divers intervenants ; de fait, le côté dada du premier NWW est plutôt bien présent dans cet effort également (on a même droit à un petit interlude noisy sur la cinquième piste). En gros, la folie distinguée à la française qu'on retrouve peu à l'heure actuelle, si ce n'est dans des combos comme Anthurus D'Archer.





Colette Magny ~ Feu Et Rythme (1970) et Transit (1975)


OK, là c'est plus dur d'avoir une érection dès le nom ou la pochette, y compris quand on va voir à quoi ressemble la Colette en question (pas tellement une égérie 60's qui aurait gentiment forcé sur l'eyeliner). En fait Colette Magny, c'est un peu le compromis entre Catherine Ribeiro (et d'autres chanteuses de l'époque, pourquoi pas Nicoletta) et Brigitte Fontaine. L'une pour le côté revendicateur et le trémolo qui va bien avec, l'autre pour l'orchestration jazz/improv et le côté barré. Le premier album présenté ici (Feu Et Rythme) est légèrement plus fou que l'autre, avec ses musiciens jazz voire free jazz qui s'amusent derrière, les folies vocales et les textes qui ne prônent pas tellement mais dénoncent plutôt. Transit est plus concis, plus centré sur un message très politisé, avec une description assez affreuses du traitement des prisonniers au Vietnam, un chapitre un peu ambigu et à moitié sérieux sur "la bataille" qui semble se dérouler en Algérie. La tension retombe sur le dernier long morceau, agglomération de textes surréalistes autour de l'éléphant, le tout dans une atmosphère que ne renierait les gus du dessus (Heratius).





Semool ~ Essais (1971)


Cet unique album de Semool, c'est un peu une grosse répét'. Sur Essai 1 le groupe part directement en vrille avant de jouer le thème principal de Interstellar Overdrive. Sur Essai 3, c'est le morceau Black Sabbath qui a droit à une interprétation. Le reste est plus ou moins du bordel de répét' avec des moments plus construits néanmoins, pas mal d'impro dissonante à l'esthétique contemporaine, et un enregistrement qui donne un certain cachet à l'ensemble.





Horde Catalytique Pour La Fin ~ Gestation Sonore (1971)


Oh quel beau nom de groupe. Et la pochette. Difficile de faire plus underground. Heureusement la musique est à la hauteur des attentes que l'on peut avoir : quatre pièces dont la durée varie entre 3mn et 19mn, et grosso modo de l'impro plus ou moins échevelée, avec une variété de sons plutôt très pas mal du tout (oui oui, très pas mal du tout). L'ensemble est tout de même assez sombre et arrive à installer des ambiances qui font mouche et tendent à faire penser qu'il ne s'agit de rigolos qui agitent vaguement leurs instruments en vain. Une bizarrerie intéressante.





Moving Gelatine Plates ~ The World Of Genius Hans (1972)


Au vu des précédents groupes on pourrait se dire "tiens les groupes français de la NWW list c'est bien des oufs, mais bon c'est marrant deux secondes et c'est plus taré que ce n'est inspiré". Eh bien avec Moving Gelatine Plates (et leur fabuleuse pochette) on a un groupe qui est certes assez fou, mais surtout bien bon. Le combo francilien propose un rock progressif très canterbury qui n'a absolument rien à envier aux compatriotes de Gong ou aux stars pionnières de Soft Machine. C'est bien simple, le morceau d'ouverture (homonyme de l'album) est probablement ce que j'ai entendu de mieux dans le style, et il n'est pas impossible que désormais lorsque l'on me demandera un album pour appréhender le canterbury, c'est celui-ci que j'indiquerai en premier. Peu de voix (comparé à Gong par exemple), un côté jazz européen très prononcé et au-delà du fameux premier morceau l'album s'en sort extrêmement bien en proposant des morceaux plutôt courts et efficaces, et aussi le très bon Astromonster plus long et lumineux.





Horrific Child ~ L'Etrange Monsieur Whinster (1976)


Encore une très bonne découverte. Un concept à peu près aussi étrange que la pochette : l'album est présenté comme une prescription pour les amateurs de sensations fortes, à prendre à doses plus ou moins élevées, plongé dans l'obscurité. Et pour soutenir ce concept, trois morceaux : Frayeur, Angoisse et H.I.A. (Horreur Indescriptible Et Accumulée). Tout un programme. Le premier morceau est plus ou moins du This Heat/Cardiacs/Mr. Bungle avant l'heure : le premier pour le côté "new exoticism" à travers percus et field recordings d'Afrique et d'Asie apparemment (rares dans un contexte plutôt pas sérieux), le deuxième pour le côté un peu grandiloquent et vocal délirant, le troisième pour le côté rock rageur et ravageur. Le deuxième morceau est une lecture de Lautréamont assez terrible dans une atmosphère inquiétante composée de piano minimaliste et dissonant, de batterie inattendue et de claviers terrifiants. Le troisième et dernier morceau est un gros foutoir dans la lignée des deux premiers, au milieu duquel vient se glisser Toccata et Fuge en Ré mineur de J.S. Bach, avec toujours ces textes angoissants, ces envolées instrumentales délirantes et toujours une dimension efficace et catchy qui rendent la totalité de l'album très facile à écouter. Ecoutez !!
mich
Histoire de réanimer ce topic agonisant dans les bas-fond du forum.


Sans rien vraiment connaître de Nurse With Wound, la fameuse liste m'a souvent fait de l'oeil et je n'y ai jamais vraiment prêté attention. Décidé, à prendre le taureau par les cornes, j'ai commencé un travail d'archéologue, premières trouvailles:

Agitation Free: Melesch

Groupe allemand qui, oh surprise, prend le krautrock comme étendard. Melesch est composé en 1972, après que le groupe ait visité l'Egypte, la Grèce et Chypre. Le groupe sème les influences arabes dans son krautrock, essaie(et réussit) à mettre en musique leurs émotions du voyage et à retranscrire les ambiances des différents lieux visités, en témoigne la piste Sahara City qui monte progressivement en laissant les voix urbaines se perdre dans une nappe d'atmosphère de solitude pour enfin laisser place à la musique qui fait planer l'auditeur.

Gros coup de coeur pour ce groupe au passage.




Pekka Airaksinen: One Point Music

Le finlandais de The Sperm (groupe des 60' finnois qui mêlait musique avant-garde/bordel sonore avec performances artistiques, qui figure dans la liste) qui s'est convertit au bouddhisme au début des 70' pour ensuite laisser la musique de côté pour une décénnie, a composé One Point Music en 1972, avant sa retraite musicale. Il expérimente, bricole, bidouille les sons pour un ensemble assez cohérent et captivant par moment. On pourrait presque penser que l'artiste a essayait de faire voyager l'auditeur dans les forêts finnoises.




Airway: Live at LACE

Les membres du groupe viennent du collectif Los Angeles Free Music Society qui regroupait des artistes aimant la libre improvisation (en gros). Airway n'a que deux albums, deux lives et le Live at LACE date de 1978, le suivant de...2001. Celui qui nous intéresse, laisse l'auditeur devant une demie-heure de musique où tout-le-monde fait se qu'il veut, la batterie étant le seul point de repère. Deux morceaux qui n'en forment qu'un pour se laisser marteler le cerveau



yoda_superstar
Ah ouais dans l'ordre alphabétique, t'as pas terminé.. =)

Sinon je ne connais pas les deux derniers, les Finlandais (qui ne sont pas finnois soit dit en passant) ont l'air intéressants.

Et je confirme pour Agitation Free et leur excellent Malesch, le côté plus méditatif et ambiancé (et assez peu rock au final) de la scène allemande.
mich
Nouvelles de la fouille:

Aksak Maboul: Un peu de l'âme des bandits

Deuxième album et dernier sorti en 1980 du duo qui s'entoure d'invités comme un certain Fred Frith. Du rock in Opposition belge qui fait tourner l'auditeur dans tous les sens (ou plutôt styles) et se termine sur la pièce majeure Cinema et ses 23 mins folles.




Alcatraz: Vampire State Building

Progressive Jazz allemand qui sent le psyché ou comment le jazz peut être aussi malmené que le rock quant il est assaisonné au prog.




Älgarnas Trädgård: Framtiden är ett skepp, förankrat i forntiden

Des suédois qui ont décidé de jouer les esthètes en bidouillant l'avant-garde pour un résultat assez intéressant. On a en bonus, un petit côté S-F pas dégueu qui renforce l'aspect bidouillage du cd.



KORBEN
ART ZOYD - berlin



Art zoyd est un groupe français formé en 1968 mélangeant free jazz, rock progressif et avant-garde électronique, tout en intégrant le contemporain et le classique.
Berlin est leur 7éme album, sortie en 1987, marque leur 2éme période, se rapprochant de MAGMA par certains côtés, inspiré par mac beth (la pièce de shakespeare), ... c'est hypnotique mais pas lassant, même pour le côté répétitif de certains passages, très sombre et envoutant. j'adore.

je vous laisse lire le commentaire de cet album, bien mieux écrit que je ne le ferais happy.gif

http://fp.nightfall.fr/index.php?idchoix=1398

pour écouter Berlin: http://www.deezer.com/fr/index.php#music/a...yd/berlin-47439

je vous conseille aussi Marathonnerre I & II sorties en 1993.


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STEVE REICH
un de mes maitres, faut absolument lire son wikipédia: http://fr.wikipedia.org/wiki/Steve_Reich

je vous recommande sa collaboration avec Pat Metheny sur une de ces oeuvres, l'une des plus magiques, accessibles et envoutantes... les mots ne suffisent pas il faut écouter: http://www.deezer.com/fr/index.php#music/s...terpoint-273235
"electric counterpoint" sont ceux avec Pat Metheny.
"differents trains" étant la collaboration avec le KRONOS QUARTET
bref que du bon wink.gif

Euka
Ahhh, Art Zoyd. Ca fait longtemps que ce nom n'avait pas trainé sur le forum...
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