
March Into The Sea [EP]
Note : 4,5/5 (18/20)
Année : Avril 2005
A écouter : Tout, se laisser emporté par la mer sous les larmes d'un Ange.
Pelican, après déjà un album est devenu un pillier solide du Post-Rock, en y ajoutant cependant quelques sonorités métal & postcore qui les différencient bien des precurseurs du genre tel que Slint, Explosions In The Sky entre autre. Mais on doit bien reconnaître que Pelican changera de sonorité de leur premier album à leur deuxième album, passant du sludge doom metal au post-metal pur et dur et il y aura par la suite une vague d'étonnement lors de la sortie de ce deuxième album The Fire In Our Throats Will Beckon The Thaw, qui créera un raz-de-marée de critiques, et différenciera deux types de fans, les fans de leur premier album Australasia et ceux de leur futur deuxième album. Que nous dit donc cet EP, est-ce donc un petit pas vers ce changement musical, ou reste-t-il dans la continuité de leur premier album avant de changer leur style radicalement ?
March Into The Sea est donc un EP composé de 2 titres, le premier d'une durée de 12:22 est en fait une reprise d'un morceau de leur premier album Australasia, nommé Angel Tears, que Justin K. Broadrick a arrangé à sa façon, ancien membre de Jesu, celui-ci le reprend d'une manière plus intense, en effet, on retiendra toujours la grosse basse grasse telle qu'elle est dans Australasia, mais y seront rajoutés des effets célèstes, de long echo monophonique combiné aux guiatres de Pelican, qui rendent cette composition chargée en sons mais également en émotions. On peut dire alors que Pelican conservera son doom metal avant le grand saut de The Fire In Our Throats Will Beckon The Thaw.
Tandis que le deuxième titre, éponyme à celui de l'EP, d'une durée aussi monstreueuse que sa qualité, March Into The Sea est une longue traversée chaotique dans la mer océanique. En effet, nous avons le temps d'apprécier les 20:28 pour sa puissance, son agressivité. Cette mer orchestrale est en fait une petite vague sillonant tout le plateau océanique, poussé par les vents orageux, cette vague pendra peu à peu d'ampleur durant les premières minutes, illustration parfaite du chaos semé par Australasia, sauf que cette marche dans la mer n'en sera pas moins funèbre, cette vague repoussant toute limite, verra le crescendo violent du témoin Pelican sous son oeil impuissant que le Tsunami ainsi formé par ces émergences volcaniques d'eau et de bourrasques ne laissera par la suite que fracas et ruines sur son sillage dans une tonalité accoustique, des instruments s'ajoutant les uns derrière les autres. Le souffle toujours coupé par cette montée d'adrénaline musicale. Par ce chef-d'oeuvre de l'art post-rockien/metaleux, ce titre figurera par la suite dans son album qui verra le jour le mois suivant, malheureusement coupé de sa partit douce et mélancholique.
Entre doom et post-metal, Pelican passe peu à peu vers un autre genre, pas tant éloigné mais assez particulier qui divisera les fans. Cependant cet EP sera un pas en avant vers se nouvel avenir postcore que Pelican saura merveilleusement maîtriser. Un voyage vers une mer limpide mais qui peut sombrer à tout moment, une mer pleine d'émotions et d'expériences.
Radioshack
(Bonjour à vous tous, ou Bonsoir plutôt