
Le rouge est une couleur aux multiples sens : couleur du sexe, du sang, de l'alerte, du risque voire du glauque.
Le rouge est sombre et complexe, à l'image de cet album.
En 1974, Robert Fripp et sa bande, après avoir connu le succès de leur premier album In The Court Of The Crimson King (1969) et Larks' Tongues in Aspic (1973), nous offrent un bijou rare, précieux, indispensable pour tout amateur de musique, à écouter comme une expérience unique pour chacun.
L'avantage de Red est qu'il est facile d'y entrer, cependant, une fois à l'intérieur, vous découvrez une salle étrange, remplie de néons rouges, enfumée, avec des personnes loufoques. Vous vous sentez seul, observé, menacé, exclu. L'ambiance devient alors étouffante, glauque, et malsaine.
Voici la particularité de Red, vous entrez facilement à l'intérieur, mais seul le temps vous aidera à le comprendre, à le maîtriser. Inutile de se plaindre, si vous voulez ressortir indemne, il faudra d'abord connaître parfaitement les lieux.
Comme si tout ceci n'était qu'un cauchemar, vous vous sentez anéanti, fatigué, faible, comme si vous subissez l'expérience sans réellement pouvoir en profiter.
Au plus bas, il est temps de se relever. Le plus dur reste à venir. Votre mauvais trip achevé, vous avez de nouveaux les pieds sur terre. La mélancolie et la tristesse vous submergent. Sans réellement savoir pourquoi, vous criez un dernier "Starless and Bible Black". Vous vous retrouvez alors devant cet immense couloir, différent à chacun, où une ambiance psychédélique règne en maître.
Devant vous défilent vos pires craintes et les plus belles choses de votre vie. Vous riez, criez, hurlez à l'aide, devenez fous. Vous gesticulez dans tous les sens, ne sachant trop où vous mène votre folie. Vous trébuchez, vous avez la chair de poule, vous avez peur, vous êtes angoissé, puis plus rien.
Vous regardez autour de vous..
Rien..
Votre cœur bât de plus en plus fort..
Soudain, des lumières aveuglantes s'allument, et vous voyez des gens heureux, rire, danser, comme dans un show à l'américaine, comme si tout ça n'avait été qu'une simple farce, comme si eux étaient sortis indemne de tout cette expérience..
Chose impossible, personne ne ressort indemne de cet album..
