se faire une idée ? : http://www.youtube.com/watch?v=6ZWhy68Hd-U
Groupe : The Fall of Troy
Album : Manipulator
Année : 2007
Style : Post-hardcore
Note : 16/20
[1er essai de chronique, critiques constructives svp
Attention ! Les trois américains les plus timbrés de l'univers Post-Hardcore remettent le couvert. Apres leur self tilted jeune (17ans) mais plus qu'impressionnant, puis leur excellent Doppelgänger fougueux et versatile à souhait, nos musicos préférés nous sortent leur troisième galette: Manipulator. Mais voilà il arrive a un momment, pour groupe qui commence a avoir un peu de renommée, de devoir faire un choix crucial pour sa carrière : soit utiliser la même formule qui leur a donné leur reconnaissance, quitte a commencer a décevoir les fans de la première heure, soit partir dans une direction totallement opposée à ce qu'ils avaient l'habitude de faire stylistiquement et musicalement parlant quitte a s'y casser les dents, et la machoire avec. Et nos américains, eh ben, ils ont tout misé sur la résistance de leur émail !
Petit détour par l'artwork : Une boule de guimauve bizarre est mangée une boule de guimauve et qui est elle meme mangé par...une autre boule de guimauve... c'est chouêêête. Non, blague à part, l'artwork est relativement vilain même s'il n'est pas agressif pour l'oeil ce qui est toujours ça de pris. Le logo Fall of troy, restylisé depuis doppelganger, est par contre joliment dessiné et donne du cachet a l'album, comme si on s'appretait à lire un vieux bouquin avec les reliures en or et tout l'toutim.
1ere écoute, on met le disque dans le lecteur et... voila que commence "cut down all the trees and name the streets after them" ... hummm ca commence un peu "calmos" pour du fall of troy, peu de scream, des instruments certes super bien maitrisés, mais moins surprenants, au final ca fait limite pop/rock. On fini l'album et on essaye de digérer cette première écoute meme si la digestion s'avère un peu difficile. Parceque bon , 1 chanson sans screams ca va, mais 3 en un album, c'est trop pour du fall of troy, surtout en sachant les qualités de chanteur de Thomas Erak. Oui, Erak ne chante pas très bien en chant clair (c'est un euphémisme) même s'il s'est légerement amélioré depuis Doppelgänger, d'ou ma surprise.
Car, en réalité, c'est le disque de la métamorphose qui m'a été offert. TFOT quitte son post hardcore déluré et Bloodbrotheresque pour nous offrir un album carré, plus maitrisé et donc plus mature, aux influences pop rock plus qu'évidentes. Cet album pourrait être classifié de post hardcore/pop/rock/doom/prog tellement il est riche en influences diverses. Et meme s'il est plus maitrisé que Doppelgänger, il n'en reste pas moins super technique. Les qualités de guitariste d'Erak ne sont plus à prouver, mais il tient quand meme à nous gratifier de quelques prestations techniques assez édifiantes ("Ex Creations", "Sledgehammer"). Le bassiste Tim Ward (Aujourd'hui remplacé par Franck Black) quand a lui est d'une polyvalence impressionnante et le batteur Andrew Forsman est une sorte de poulpe cosmique qui donne une sacré profondeur a la musique complexe de TFOT.
Comme tout album de Fall of Troy cet album possède son lot de passages instrumentaux tous aussi orgasmiques les uns que les autres. Et c'est a peu près à la 4ème écoute qu'on arrive a retirer toute la saveur de certaines de leurs compos. Parce que une fois avoir mis de côté les médiocres "Cut down the trees and name the streets after them" et "Oh ! the casino!" et l'excecrable "Caught Up" (pseudo ballade Jazzy ou Erak chante seul sur une gratte sèche) le groupe a encore de l'énergie à revendre. "The dark trail" est énorme, très puissante et son refrain rentre dans le crane, "Sledgehammer" envoie du pâté : refrain screamé a la Johnny Whitney, riffs ultras techniques et gros ending facon Doom métal, "Ex creations" est la chanson qui donne envie de taper des gens avec sa magnifique intro post hardcore et son solo, qui j'en suis sur, a déja causé une crise d'épilepsie a l'un de ses auditeurs, "Problem?!" est pour les nostalgiques de Doppelgänger qui y retrouveront la fougue et l'explosivité du bon vieux temps et enfin "A man, a plan, a canal, Panama" (avez vous remarqué le Palindrome?) la somptueuse pièce maitresse qui conclut l'album en beauté, bourrée de breakdowns atomiques que seul un groupe aussi talentueux que TFOT peut concevoir.
C'est donc un album plus que riche que nous offrent nos jeunes virtuoses car même s'il possède son lot de chansons médiocres, cette galette trouvera quand même son public, notamment grace a une composition soignée des chansons, des solis a faire exploser le cerveau, des breakdowns fous et surtout des influences musicales diverses et variées, de la pop au doom metal, faut le faire quand même!