Pennywise – Reason to believe
Track-List :
1. (intro) As long as we can
2. One reason
3. Faith and hope
4. Something to live for
5. All we need
6. The western world
7. We’ll never know
8. Confusion
9. Nothing to loose
10. It’s not enough to believe
11. You get the life you choose
12. Affliction
13. Brag, exaggerate and lie
14. Die for you
Chronique :
On ne présente plus la bande de Hermosa Beach. Voila bien justement tout le problème : comment chroniquer un album de Pennywise tout en évitant les poncifs habituels sur leur son si reconnaissable ? Dès les premières secondes de As long as we can, le quartet semble d’ailleurs vouloir régler de lui-même le problème : "Here we go again / Gonna kick as long as we can" proclame Jim Lindberg. Pennywise a beau produire depuis des années des albums au son identifiable entre mille, le résultat n’est pas toujours au rendez-vous. Preuve en est avec l’avant dernier album en date, The Fuse qui, allez savoir pourquoi ne m’avait pas particulièrement séduit. Mais revenons à l’essentiel, la chronique de cette neuvième production des punk-rockers. Première bonne surprise, immédiate : l’artwork. Rarement le groupe nous avait proposé quelque chose d’aussi soigné et surtout d’esthétiquement réussi.
Les premières minutes d’un album sont primordiales : il s’agit d’accrocher l’auditeur pour ne plus le lâcher. Dans cette perspective, l’enchaînement As long as we can / One Reason est parfait. D’entrée les riffs se font plus lourds, plus tranchant qu’à l’habitude. L’album entier s’avère être fait du même bois : pratiquement pas de temps morts, les morceaux s’enchaînent à toute vitesse. Une fois de plus, un constat s’impose : la véritable force de Pennywise réside indubitablement dans le chant de Jim Lingberg et de ses mélodies implacables (Western World). Cependant, comme pratiquement tout album de Pennywise qui se doit, Reason to believe n’échappe pas à une légère baisse de régime (Confusion) surtout due au nombre assez conséquent de morceaux par album (15 ici) mais la fin de l’album et la conclusion Bragg, Exaggerate and lie / Die for you est une vraie réussite.
Mais plus que le son Pennywise, que chacun sur ce forum connait parfaitement et sur lequel il est n’est pas utile d’épiloguer d’avantage, il est intéressant de se pencher sur les thèmes abordés. Comme le laissait présager la pochette d’album, la religion est très présente : We’ll never know et Affliction en font par exemple une critique frontale, la croyance aveugle y étant qualifiée de malédiction pour l’homme moderne. Une critique somme toute assez classique de la société occidentale et de sa futilité est également présente dans Western World. L’engagement en Irak et les mensonges l’entourant sont également encore présents dans cet album, notamment dans Bragg, Exaggerate and Lie qui sembler mimer le slogan des campagnes de recrutement de la NAVY : Accelerate your life. Mais d’autres thèmes semblent plus étonnants. You get the life you choose par exemple est une critique ouverte de ceux qui se plaignent de ne pas réussir dans la vie et du fait qu’on ne leur a pas donné leur chance. Egoïsme ? Non bien sûr. On en vient ici à ce qui constitue à mon sens la « philosophie » Pennywise. En fin de compte un seul et unique thème se dégage d’une grande majorité des textes de cet album : celui de l’individualisme ou plutôt de l’individualité. Le sens égoïste du terme n’est pas là celui qui s’applique. Il faut comprendre ce terme dans une perspective d’élévation et d’achèvement : chacun se doit de garder le plein contrôle de soi-même et de sa destinée et ne pas se laisser diriger par une force extérieure : politique, économique ou religieuse.
Avec ce Reason to believe, Pennywise célèbre ainsi de façon réussie ses 20 ans de carrière avec ce neuvième album. Notons que l’album qui était proposé en téléchargement gratuit via Myspace Records, fut téléchargé plus de 400,000 fois, égalant ainsi les chiffres de ventes du désormais classique Land of the free ?