Je profite actuellement de 2 semaines d'intercontrat pour être payé à rester chez moi et parfaire ma culture WTF :
House, 1977
Ça commence d'une façon outrageusement kitch, avec un groupe de lycéennes type club des 5, friends for life avec chacune leur particularité (l'élégante, la gourmande, la sportive, etc) qui se retrouvent à aller passer quelques jour dans la maison de la tante d'une d'entre elles. Les images floutées, les décors gravement cul-culs, les dialogues fleurs bleues sont risibles au possible et tellement dégoulinants de partout qu'on se doute bien que c'est volontaire.
Elles arrivent ensuite dans le domaine isolé, avec la tante gentille comme tout (mais le spectateur habitué à ce genre de joutes se doute bien qu'il se trame quelque chose de pas net), et le ton change : On rentre dans un film d'horreur, vague mélange du magicien d'Oz et de Jess Franco, avec des exécutions perpétrées dans le sang, servies par des effets spéciaux aussi cheaps qu’hilarants, dans une grande tradition de n'importe quoi japonais.
La dernière demi heure atteint son paroxysme de WTFisme débiloïde.
J'ai beaucoup aimé.
TrailerMarquis, 1989
Non contents d'avoir traumatisés toute une jeunesse avec Téléchat, Roland Topor et Henri Xhonneux sont également responsables de ce méfait. Marquis raconte l'emprisonnement du Marquis de Sade à la Bastille, dans un mélange d'interprétations historiques assez libres sur le Marquis et la période pré révolution française, d'écrits du Marquis et de fiction, avec toujours ces masques atroces. Petit détail, Le sexe du Marquis est un personnage à part entière, avec qui il prend plaisir à discuter de choses et d'autres.
Sous ses aspects vaguement racoleur, Marquis est un film assez intelligent, dont l'intrigue se suit agréablement, avec un parti pris sur le fait que l'homme qui parlait librement de sexualité était au final le moins frustré de tous. Sans entrer dans de grandes considérations philosophiques, on a une introduction intéressante sur la personnalité et les idées du Marquis. Enfin, l'idée de personnifier sa bite donne une perspective sympa sur le conflit que connait l'Homme entre ses pulsions libidineuses et sa raison (Qui gouverne qui ? A chacun de donner sa réponse).
Pour l'anecdote, on notera que l'
affiche de Taxidermie est un gros hommage à l'
affiche de ce film.
ExtraitLa Coquille et le Clergyman, 1927
Un an avant Un Chien Andalou, ce film de Germaine Dulac serait le tout premier film surréaliste jamais tourné. L'Histoire raconte que sa première au Studio des Ursulines a provoqué un scandale mené par des surréalistes peu inspirés pour l'occasion, parmi lesquels André Breton et Louis Aragon.
Avec le recul et près d'un siècle d'expérimentations cinématographiques de tous poils, le film n'en reste pas moins subversif, une angoisse latente résidant dans ces images souvent inexplicablement dérangeantes. L'intrigue, si toutefois on peut utiliser ce terme ici, est assez indescriptible, mais on n'en est pas moins attiré par ce qui se passe à l'écran et tout se suit naturellement, même sans en comprendre le sens.
Le film est intégralement disponible sur les sites habituels de streaming et ne dure que 30 minutes qui valent franchement le coût.