
Groupe: The Monks
Album: Black Monk Time
Année: 1966
Genre: Proto-punk psycho-killer!
L'histoire du rock regorge de trésors oubliés. Pas volontairement oubliés, mais trop bizarres, trop sombres, trop expérimentaux, trop, bien trop pour une époque. Car ce qui est vraiment hallucinant à l'écoute de cet album, c'est le contexte: en plein milieu des années 60, un groupe de GI's américains basés en Allemagne, qui après leur service militaire décident de rester dans la région de Gelnhausen et de former un groupe. De cette entité atypique ressort un unique album sorti en 66.
Banjo électrique, orgue, guitares rockabilly sur-excitées, rythmique lourde et puissante, textes destroy et noirs, cette musique ne peut pas être le fruit d'une réflexion, d'une démarche préliminaire quelconque, cette musique est le fruit de quelque chose qui dépasse ses auteurs.
The Monks c'est le cadavre d'Elvis Presley version serial killer, les Cramps avant l'heure avec leur rockabilly tendant vers le punk (le morceau d'ouverture, Monk Time), et leur orgue menaçant présage déjà la déferlante goth/batcave des années 80 (Bauhaus, UK Decay, Christian Death, ect...).
Mais bien que pas mal avant-gardistes, ils n'en restent pas moins bien ancrés dans leur temps, pour preuve ce soupçon de polka que l'on ressent sur quelques morçeaux, où bien cette légère misogynie primaire affichée sur un morçeau comme "Boys Are Boys And girls Are Choice", mais peut-on décemment leur en tenir rigueur étant donné le contexte spatio-temporel, et surtout vu leur apport à la musique (à mon humble avis largement sous-estimé)? je ne pense pas, non...
Ce testament est une perle, qui mériterait largement d'être hissé au panthéon des plus grands.
Première chro'