Et voici le compte rendu de Mad de notre participation au COYOTE BRUTAL FEST (05/03/11). Comme d'hab l'original est visible :
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Grind as FUUUUUUK !!!
Je me lance dans le report de ce périple en terre russe, pas facile de savoir par où commencer. J'ai mis 2 jours à m'en remettre, quasiment pas dormi de vendredi à dimanche, ou alors très bourré, donc...

Rendez-vous samedi à 3h du mat' au local, tête dans le cul (j'ai fait une petite tournée des bars), on prépare le matos (on voyage léger cette fois, pas de têtes d'ampli, juste les instruments et quelques éléments de batterie, voyage en avion oblige...).
On retrouve notre cher DK à la gare de Strasbourg (le bougre rôde dans Strasbourg depuis un bout de temps déjà ) pour prendre le bus direction Frankfurt. Discut' rapide avec Chris et je sombre, j'ouvre les yeux, on est à l'aéroport. Pas le temps de trainer, on enregistre les bagages, prend les billets, et voilà qu'on prend déjà place dans l'avion, le tout s'est joué à 5-10 minutes près, timing ultra serré!
Trajet en avion: même topo que le bus. L'avion est quasi vide, je prends place sur les sièges pour ronquer, tellement dans les bras de Morphée que je loupe le p'tit déj' qui est servi, DK lui ne prend pas de petit déj' non plus, mais pour une autre raison...

Bref tout ce trajet si loin de chez nous passe finalement très vite pour moi, j'ouvre les yeux, l'avion atterri: il neige et ça caille sévère à Moscou. La carte postale russe est déjà mise en place...
Après un (très) long passage aux douanes, on récupère nos instruments (intacts!) et on nous accueille à la sortie. Quelqu'un est chargé de nous conduire jusqu'à la salle, mais ça ne dissuade pas les chauffeurs de taxi de squatter avec nous un long moment, dont un qui lorgne sur DK en espérant une course. Manque de bol pour lui, on décide de s'entasser à 6 dans le voiture: le chauffeur et DK devant et Inhumate tassé à 4 sur la banquette arrière, c'était pas serré DU TOUT, mes côtes gauches épousent ergonomiquement la forme de la portière, j'ai la gueule collée à la vitre, Chris de l'autre côté n'a même pas un quart de fesse qui touche la banquette et restera ainsi en lévitation tout le trajet. On demande au chauffeur en plaisantant: « C'est long le trajet ? 2-3 heures ? Ahaha » mais en fait c'est VRAIMENT à 2 heures de route, on faisait plus les malins sur la fin

On arrive enfin à la salle, les jambes engourdies, de la neige partout, un vent très froid nous frappe le visage. La salle est plutôt originale: sorte de dancing avec bar à l'entrée sur la gauche, des canapés et fauteuils sur plusieurs mètres de part et d'autre de l'allée qui mène à la scène, au fond. Deux boules à facettes au plafond ajoutent au pittoresque du fest.
Première légère panique: pas de frigo en backstage, pas de boissons. Autre chose: pas de running order donné aux groupes. Je trouve Coyote pour qu'on mette au point les détails, mais l'anglais n'est clairement pas son fort, et régler les détails de l'organisation pour la bouffe, la picole, l'heure du concert et le matos nécessaire pour jouer me demandera de nombreux essais et franchement beaucoup de patience. L'impression que le mec s'en fout un peu, pour être honnête. En gros on a payé nos consos (chères, on est dans une capitale), pas de bouffe pour les végétariens, on a joué à 2h30 au lieu de 00h10 comme prévu, et en plus sur du matos pas terrible. Pour le merch' on décide rapidement de le vendre nous-mêmes directement à ceux que ça intéresse plutôt que de le confier au stand de Coyote. Ce qui fut une bonne idée puisqu'il finira par s'endormir à son stand en laissant tout ouvert et facile à voler.
On joue donc très tard et entretemps on torche, on sympathise avec de belles Russes (hein DK ? On a fait un bon duo tous les 2, non héhé...), et on fait une petite sortie pour se balader dans la ville. On tombe sur un majestueux bâtiment, une magnifique statue au sommet (voir photos), on décide timidement d'y rentrer. C'est un musée, on paye le billet d'entrée sans savoir de quoi il s'agit, et on y rôde perplexe devant des photos et documents de l'exposition universelle de Paris de 1937. Aux différents étages, peintures et tableaux plutôt douteux (sous-marins, navires de guerre, hélicoptères), tout ceci ajoute à notre regard perplexe. Une femme nous invite à prendre l'ascenseur, on pense qu'elle nous raccompagne à la sortie, mais elle choisit de nous emmener au 4ème pour un concert, comment dire... très folklorique, une guitare et un autre instrument bizarre devant une cinquantaine de personnes attentives, pas du tout grind as fuck, forcément. La femme nous raccompagne au vestiaire au rez-de-chaussée. On veut partir mais elle nous demande d'attendre, pour nous sortir de derrière son comptoir des crêpes et de la confiture! On déguste tout ceci avec un verre d'eau chaude (ne me demandez pas pourquoi elles nous ont proposé de l'eau chaude, ça reste un mystère pour nous), Fred est en mode « je sympathise avec la cougar », on les remercie chaleureusement et on ressort avec le sourire.
Impossible de trouver un quelconque troquet, on revient donc à la salle pour y boire un peu.
Pour DK, la chasse à la Russe est ouverte, et bien sûr, ce n'est pas un cliché, les jolies filles ne manquent pas! Dur de se retenir de boire vu l'heure tardive de notre set, nous avons l'occasion entretemps de faire 2 interviews, les gens sont vraiment chaleureux et sont incroyablement bien informés concernant Inhumate, des origines du groupe jusqu'à la vie professionnelle de Fred!
Concernant les groupes qui passent sur scène pendant ce temps, pas de souvenirs marquants en ce qui me concerne, goregrind et brutal death en vrac avec un son plus que moyen.
Le moment de jouer arrive enfin. On est tous remontés comme pas permis, on s'installe, et cette fois, pas de crescendo ou de retombée d'énergie au milieu du set comme ça peut arriver parfois. Au taquet direct, Chris fou furieux slamme dans le public (malheureusement pas très conséquent...) dès le deuxième titre; Moi je suis en pleine transe et ne vois pas ce connard de mec de la sécurité qui s'en prend à DK dès qu'il monte sur scène, heureusement, j'aurais pété un câble, Fred bien remonté mets les choses au clair, le gros con finira par se calmer par la suite.
Le public est réellement déchainé, 35 minutes de grind intense, des regards avec les mecs devant la scène que je ne pourrais même pas décrire, c'est exactement pour ces moments-là qu'on fait cette musique, la scène se rétrécit et se colle au pit, osmose et transfert d'énergie et de rage entre tous les furieux présents ce soir.
Une fois fini, nous passons le reste de la soirée à papoter et à boire (vodka pour moi, hein, normal), encore de belles et sympathiques Russes, pas mal de gens nous prennent du merch', on est vraiment aimé en terre de l'Est, c'est assez incroyable! Je continue à torcher, rencontre plein de gens, m'attarde avec une certaine Julia, super discut', je commence à être sérieusement torché, je m'écroule sur un fauteuil, et me réveille en lévitation et en mouvement, je mets quelques secondes avant de réaliser que c'est un des videurs qui me porte dans ses bras pour me ramener dehors !!! Je me retrouve par -10 dans la neige la tête dans le cul, je comprends pas grand chose... DK et Bouvi décident de repartir direct à l'aéroport en métro en passant pas la Place Rouge et nous laisse (avec le matos) rejoindre l'hôtel. J'ai la dalle, Chris et moi trouvons un sorte de restaurant complètement bobo et ultra cher pour un p'tit déj' surréaliste, moi complètement bourré, lui avec une belle croûte sur la gueule, deux serveuses blondes très sexy nous servent des plats improbables, je lorgne lubriquement sur l'une d'elle lorsqu'elle s'éloigne de la table avant de me rendre compte qu'elle me rend mon regard genre « arrête de me mater le cul! », Chris est mort de rire, je suis fatigué, je sais, il n'y a plus que les fonctions de base qui restent en état de marche, hein...
On s'écroule à l'hôtel, Coyote s'y est également endormi avec une bière à la main, dodo 4h puis debout, je suis explosé, on n'a pas le temps de faire du tourisme, on doit rallier l'aéroport à 2 heures de route si on veut choper l'avion à temps. On rejoint nos deux compères clodo qui ont dormi dans l'aéroport, le temps de manger un truc et on redécolle. Je commence à faisander sévère (j'ai gardé comme un con le même t-shirt qu'hier soir). C'est encore pire dans le bus de Frankfurt, je suis coincé à l'arrière à côté d'une dame qui se rend ostensiblement compte qu'il y a un gros grindeux frelaté qui squatte à sa droite, je reste immobile au maximum afin de limiter toute effluve fatale...
De retour à Strasbourg, un peu décalé et déjà en train de se remémorer le week-end, épuisés mais heureux du périple. L'orga fut clairement pas du même niveau que Saint Petersburg, mais le concert et les gens tellement au taquet que ces petits soucis techniques passent pour moi au second plan, c'était absolument génial de jouer à Moscou, les pays de l'Est sont décidément le berceau du Grind as Fuck !!
Photos en ligne sur la page
Facebook d'Inhumate, et pas mal de videos sur youtube, notamment
Celle-ci