Chronophobia

Sup, c’est un de ces groupes cultes pour ces nombreux fans mais complètement inconnu du grand public. La faute à son innaccessibilité, à son ton avant-gardiste ou à sa mélancolie organique ? On ne saura sans doute jamais. Le mystère plannera toujours sur ce groupe qui sort album sur album sans se soucier d’aucune mode.
Après un premier album sorti sous le nom de Supuration (le cultissime The Cube) et deux autres sous le nom de SUP, le groupe se prépare à sortir ce qui sera son plus grand album à ce jour encore : Chronophobia. L’apogée d’une carrière ? Nul ne peut se prononcer, on ne sait jamais ce que SUP peut nous réserver.
Pourquoi changer les habitudes quand celles-ci sont bonnes ? Sup articule encore et toujours sa musique autour de riches concepts. Ici, les textes parle de deux frère séparés à la naissance, qui se retrouve et finissent par mourir côte à côte dans le froid polaire. Mais je n’en dit pas plus, les textes étant traduit en quatre langues différentes dans le livret d’ailleurs travaillé et bien fourni, comme toujours.
Tout ça pour dire que cette fois SUP vient en force, répandant tristesse et désespoir partout où il passe. Chronophobia est un album déchiré, on y retrouve la signature si particulière du combo, ce côté « futurisme déchaîné » et surtout, il y a l’émotion. Cette émotion d’une grande rareté qui passe vraiment dans les esprits. Pas une émotion du genre : « tiens, la fenêtre est ouverte, je fais quoi ? » mais plutôt une émotion de perplexité, de confusion et d’incomprehension.
Tout commence par But All Has Changed…, titre assez entraînant au riff reconnaissable entre mille. Le chant, s’il est en majorité growlé, laisse une place conscéquante au vocaux mélodiques. D’ailleurs, de la mélodie accrocheuse, en veux-tu, en voilà ! Ca vous rentre dans la tête est ça ne vous lâche plus. La basse possède un son d’une lourdeur infini qui donnerai envie aux My Dying Bride d’aller s’habiller chez Pampers.
SUP réussi à composer parmi 11chansons, 6 de ses meilleurs titres. La pierre angulaire de cet album est bien entendu l’éponyme avec son riff lancinant en circle writting sur la fin de la chanson. Il est suivi de près par deux autres morceaux de qualité : Room Eleven et Twins. On a tout de même un mal fou à comprendre comment, en reprenant des techniques ancestrales, SUP arrive à inventer des riffs. Car il s’agit bien ici d’innovation et pas de métissage bête et méchant. Je vous mets au défi de trouver un groupe avec un tel son.
Alors, bien sûr, SUP est aux extrêmes au sens propre du terme. Impossible de trouver un juste milieu, on exècre ou on en est fou. A vous de vous faire une opinion sur le sujet en jettant une oreille sur le groupe. En tout cas, mon opinion est fait : excellent.
18/20