Contexte :
Premier album pour les cinq gars du Massachusetts et premier coup de maître annoncé moins de deux ans auparavant par une première vraie prod : l’EP Extinction In Stereo, sorti par Nice Guy Records et où on décelait déjà une bonne part du talent de ce groupe formé peu après l’an 2000. Pour les amateurs de punk/hardcore un brin mélodieux popularisé par Rise Against et Strike Anywhere, No Trigger et son album Canyoneer furent une révélation de poids en ce début 2006.
Chronique :
Ça faisait quelques années qu’on entendait parler de No Trigger : « a great melodic hardcore 5-pieces », « le meilleur imitateur de Strike Anywhere en activité », « le meilleur des groupes punk-hardcore inconnus »… Bref quand notre ami Dexter Holland - qui d’ailleurs court le marathon en 5 heures, j’ai lu ça aujourd’hui mais bon ok on s’en fout – oui, quand en 2005 le label californien de Dexter, aux signatures de plus en plus explosives (blague !), annonce l’arrivée de No Trigger dans son giron, on est guère surpris.
D’autant moins surpris que la case punk-hardcore mélodique et politisé n’était pas encore vraiment remplie chez Nitro Records malgré le succès d’A Wilhelm Scream dans un style pas vraiment similaire. Un peu d’opportunisme donc, en cette période de baisse de régime de la part de Strike Anywhere ou de Rise Against (Exit English et Siren Song Of The Counter Culture nous avaient laissés sur notre faim), en cette période où Comeback Kid perdait son chanteur charismatique tout comme With Honor, où Good Riddance semblait peiner à pondre son énième album, et où Smoke Or Fire, de l’écurie d’en face, annonçait sa seconde ogive pour courant 2006…
Bref trêve d’apartés médisants. Soyons clair : le Canyoneer de No Trigger, mis en boîte avec talent par l’incontournable duo de producteurs du Blasting Room, est un énorme album du genre, un des albums de l’année, assurément, et un album qui va tourner encore longtemps chez moi après le 31 mars 2006, date de sa sortie. Ce n’était pourtant pas gagné vu l’horrible artwork au style caractéristique signé Richard Minino, batteur des New Mexican Disaster Squad (il avait récemment ‘commis’ la jaquette de l’album des Western Addiction notamment).
Et puis le groupe lui, s’il a affiné et certes un peu lissé son style, est resté fidèle à lui-même et compte bien frapper un grand coup. No trigger a tous les atouts en poche pour cela à commencer par une voix exceptionnelle muant avec aisance du criard au mélodieux, de l’écorché au revendicatif, du fédérateur au sing along… Une facilité vocale qui accroche l’auditeur et qu’on qualifierait peut-être de mix entre Russ Rankin et Joe MacMahon (de Smoke Or Fire). Si on retrouve une parenté certaine avec les groupes cités plus haut (« My Woods »), No Trigger a aussi sa personnalité propre, notamment par l’utilisation plus présente de riffs skate punk, de solos de guitare parfois limite bigwigiens (« My Woods ») qui aèrent considérablement les compos. Des compos à la personnalité affirmée grâce a un sens appréciable de la diversité de tempos, d’identité stylistique, de ton tantôt enjoué tantôt très hardcore.
Des hymnes comme « You Said It » ou « The Honshu Undergound » parsèment une rondelle d’un peu plus d’une demie heure, plus riche en énergie qu’un paquet de Frosties®. Des refrains comme celui de « Owner Operator » ou de « Neon National Park » rentrent aussi facilement dans le crâne que papa dans maman, pour au final livrer douze titres parmi les plus enthousiasmants de 2006 !
PUNKACHU !
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